L’un des enseignements de la crise sanitaire est sans appel : les Bruxellois.es ont besoin d’espaces verts. À l’heure des interdictions de voyager à l’étranger et des injonctions à rester chez soi, disposer d’un parc dans son quartier permet de changer d’air sans quitter la ville et de se retrouver dans le respect des règles sanitaires. Avec le retour des beaux jours, la fréquentation des espaces verts bruxellois augmente d’autant plus et avec elle, la production de déchets.

"Je reçois de plus en plus de photos de citoyens dérangés par les détritus qui s’accumulent dans les parcs, généralement en soirée. Cela pose aussi question en termes d’impact sur la faune et la flore de nos espaces verts. Je comprends bien sûr le besoin de se retrouver à l’extérieur, mais nous devons accompagner cette tendance pour que tout le monde s’y retrouve", estime Jonathan De Patoul (Défi).

Au Parlement la semaine dernière, le député bruxellois a interrogé le ministre de l’Environnement sur la gestion de cette hausse de la fréquentation et de la production de déchets. Si la Région ne dispose pas de chiffres précis sur la fréquentation des espaces verts, celle-ci variant selon la typologie des espaces, la météo et les moments de la journée, Bruxelles Environnement a constaté une augmentation de 37 % du volume des déchets ramassés dans les parcs ces dernières semaines. "On est passé de 92 à 126 tonnes de déchets cette année par rapport à l’année précédente. C’est un indicateur qui confirme l’augmentation de la fréquentation des espaces verts" , précise Alain Maron (Ecolo).

Pour faire face à l’accroissement des déchets à ramasser et du public attendu durant l’été, 53 agents saisonniers, gardiens de parcs et agents de propreté, renforcent les équipes régionales, depuis le mois d’avril. Ce renforcement des équipes est habituel en période estivale. Cette année, il est cependant plus important : "les autres années, une vingtaine d’intérimaires étaient engagés pour juillet-août. Ici, on a plus que doublé leur nombre mais aussi leur période de travail puisqu’ils sont engagés pour six mois, explique le cabinet du ministre. Avec la crise, beaucoup plus de personnes ont besoin de s’aérer, on reçoit donc énormément de demandes en ce sens, d’où cette augmentation."

Ce personnel supplémentaire voit par ailleurs ses heures de gardiennage étendues de 18 h à 21 h de mai jusqu’à fin août. L’objectif : permettre aux agents d’exercer leur rôle de prévention jusque dans la soirée, moment où peuvent débuter les fêtes dans les parcs. "Lorsque des comportements inadéquats sont constatés de manière répétitive, les services de police et les autorités communales sont avertis. Elles prennent parfois elles-mêmes contact avec Bruxelles Environnement. L’idée est de coordonner des actions et de planifier une intensification de rondes nocturnes par la police si cela s’avère nécessaire."

La fréquence de vidange des poubelles est elle aussi accrue durant la belle saison. Lorsque des débordements sont constatés, des containers sont ajoutés à côté des poubelles de certains parcs afin de limiter les déchets volants.

S.E.M