Pierre, 81 ans, oublie son portefeuille dans le taxi, le chauffeur le lui ramène. Récit.

C’est la belle histoire du jour. Elle a pourtant mal commencé pour Mireille. Alors qu’elle rentrait chez elle le 15 janvier dernier, la vieille dame tombe à la sortie du métro. "Une dalle du trottoir s’est retournée et elle s’est affalée par terre. C’était à la tombée de la nuit, heureusement que des passants l’ont aidée" , explique Pierre, son compagnon. Avec pas moins de six fractures, Mireille passe une semaine à l’hôpital. Depuis, elle retourne régulièrement voir son médecin pour s’assurer que ses blessures ne s’aggravent pas.

Il y a quelques jours, les deux Anderlechtois se rendent à l’hôpital Erasme pour un nouveau check-up. Le trajet n’est pas long mais Mireille ne peut le faire autrement qu’en voiture. Pierre commande donc un taxi qui les amène à bon port. Une fois de retour à leur domicile, le conducteur aide Mireille à descendre du véhicule et papote avec Pierre. "On a discuté quelques minutes et puis il est parti."

Devant la porte de leur immeuble, le vieil homme perd soudain son sourire. Ses clés sont introuvables. Il les garde pourtant toujours au même endroit : son portefeuille. Mais impossible de remettre la main dessus. "J’ai dû l’oublier sur la banquette arrière du taxi après avoir payé la course. Heureusement, ma femme avait ses clés donc on a pu rentrer mais j’étais paniqué, je ne savais pas quoi faire. Tout est dans mon portefeuille : ma carte bancaire, celle du Delhaize, ma carte d’identité, ma carte Stib. C’était la catastrophe."

Sans grande conviction, Pierre téléphone aux Taxis Verts. "Je les ai appelés sans trop savoir s’ils pourraient m’aider. Je n’avais pas eu le temps de prendre le numéro de la plaque mais ça ne coûtait rien d’essayer." Il explique la situation et son interlocuteur lui promet de faire son possible. Un quart d’heure plus tard, la sonnette retentit. "C’était le chauffeur ! Il avait retrouvé mon portefeuille à l’arrière du véhicule et me le ramenait avec tout le liquide qu’il contenait. Pourtant, il avait de quoi se servir parce que j’étais passé par la banque juste avant donc j’avais retiré une centaine ou deux d’euros."

Soulagé, Pierre n’en revient toujours pas. "J’ai oublié son prénom… Mohamed, je crois. Il m’a rendu mon bien et il est rapidement reparti travailler. Je suis sidéré par son honnêteté, c’est très rare de rencontrer des personnes aussi intègres. Je ne sais pas comment le remercier. Je lui ai donné un petit quelque chose mais ça ne remplace pas sa gentillesse."