Pierre (prénom d'emprunt car il souhaite conserver son anonymat) est un Bruxellois d'une trentaine d'années qui vit dans le quartier Meiser à Schaerbeek. Adepte du deux-roues, celui-ci a lancé un compte Twitter baptisé Général Meiser, compte sur lequel il partage des informations autour du vélo dans la capitale.

La semaine dernière, il a raconté une mésaventure qu'il a vécue mais qui, finalement, s'est bien terminée. Arrivé à son boulot, Pierre décide de placer son vélo dans le parking souterrain prévu pour les visiteurs. Puisqu'il faut un badge pour y accéder et que l'endroit est surveillé par des caméras, le jeune Bruxellois, pressé, décide de ne pas mettre son cadenas. Une erreur qui va lui coûter cher puisque lorsqu'il revient au parking plus tard dans la journée, la bécane a disparu. Seules restent sur le sol les fontes.

Après avoir prévenu le dispatching de son boulot - qui lui signale qu'il ne pourra pas voir les images pour une question de respect de la vie privée -, Pierre va porter plainte auprès de la police de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles. Là, un agent lui indique de surveiller la page Facebook Page Veloflic Polbru, où sont répertoriés tous les vélos volés et retrouvés par la police bruxelloise.

Sans grand espoir de remettre la main sur son joujou, Pierre pense déjà à en racheter un nouveau rapidement car il en a besoin. Mais le lendemain, il décide tout de même d'aller voir sur le site de seconde main Marketplace. Et là, quelle ne fut pas sa surprise en découvrant son vélo en haut de la liste ! Mieux encore: si le cadenas est manquant, tout le reste (klaxon Hornit, compteur, phares et même l'autocollant Critical Mass Brussels, d'une communauté qui organise chaque dernier vendredi du mois une balade pour les cyclistes) est encore présent.

Il piège le voleur avec l'aide de la police

Pierre décide de prévenir la police pour lui présenter ses dernières découvertes. Il est alors décidé à prendre contact avec le vendeur, fixer un rendez-vous et prévenir la zone de police locale qui enverra une patrouille au même moment. C'est donc ce que le Bruxellois fait, en avertissant la police de Jette du stratagème. Le rendez-vous est fixé à 19h au domicile du vendeur à Jette mais Pierre doit en priorité rencontrer les policiers à un rond-point à proximité pour refaire un dernier point sur la stratégie à adopter. Il est finalement convenu que Pierre demandera à essayer le vélo et, pendant ce timing, les policiers auront pour mission d'intervenir auprès du voleur. Sauf que la première tentative est un échec, puisque les policiers n'interviennent pas et restent dans leur combi.

Heureusement, le Bruxellois demande à son vendeur-voleur pour faire un deuxième tour et là, les policiers interpellent le malfrat. Un malfrat qui tentera de jouer l'innocent, en affirmant l'avoir acheté de son côté puis remis en vente car il ne l'aimait pas. Mais Pierre a toutes les preuves qu'il s'agit bien de son vélo et dès lors, pourra repartir le soir même avec sa bécane.

"Merci à la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles et à la zone de police de Bruxelles-Ouest pour l'accompagnement ! J'ai eu de la chance que le voleur soit pressé et pas très prudent. S'il avait posté l'annonce dans 3 mois, j'aurais abandonné l'affaire" , conclut le Bruxellois sur Twitter.


Une procédure policière à revoir?

Contacté par nos soins, Pierre nous a apporté des précisions sur le méfait. Il se montre quelque peu critique envers la façon de procéder de la police. "Au moment de porter plainte, on m'a juste demandé ma déposition. C'est moi qui me suis alors décarcassé pour essayer de retrouver mon vélo. J'ai de la chance de l'avoir retrouvé sur Marketplace. Quand j'ai rappelé la police, on m'a conseillé de contacter le vendeur. Mais là j'aurais aimé que quelqu'un d'expérimenté m'accompagne. Car j'ai moi-même pris contact avec le vendeur, fixé le rendez-vous et réfléchi au guet-apens. Pour vous dire, les policiers pensaient dans un premier temps aller eux-mêmes directement trouver le vendeur escroc. Sauf que s'il fait le guet et n'ouvre pas la porte, les policiers n'ont aucun mandat pour pouvoir entrer dans le domicile. Sans ma tactique d'y aller d'abord moi-même, demander de faire un tour dehors avec le vélo et permettre ainsi à la police d'intervenir à la porte du vendeur, je n'aurais probablement jamais récupéré mon deux-roues."

Pour Pierre, la police devrait proposer une procédure plus formalisée afin que la victime soit mieux mise au courant des démarches qu'elle peut opérer. "Une sorte de fiche qui reprendrait tout ce que l'on peut faire pour mieux contribuer à l'enquête", précise le Bruxellois. "Car j'ai creusé mais je suis sûr que beaucoup de gens n'auraient pas pensé ou simplement osé aller rechercher le vélo chez une personne inconnue et qui a sans doute commis un délit".

Concernant l'individu en question, Pierre ne sait pas si c'est le voleur ou un receleur, mais il "devait se faire interroger par la police. Je sais par contre qu'il a mis en vente sur Marketplace d'autres produits que mon vélo, tels que des pneus etc". "J'espère que les policiers vont approfondir l'enquête en utilisant les images des caméras de surveillance du parking. Je ne sais pas jusqu'où cela va aller. Mais j'ai le contact de la police et n'hésiterai pas à me renseigner sur la suite de l'affaire", conclut notre interlocuteur.

Contactée, la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles confirme le dépôt de la plainte. Mais elle se refuse pour l'heure de faire tout commentaire sur les suites de l'enquête. La zone de Bruxelles-Ouest, dont les policiers ont aidé à interpeller le voleur (ou receleur), n'a pas souhaité non plus nous donner davantage de détails.