Bruxelles Selon l’Inami, 80 000 Belges en souffrent chaque année.

Selon l’Inami, 80 000 Belges souffrent chaque année de burn out. Un nombre important, d’autant plus qu’il constitue un coût d’environ 600 millions d’euros par an d’indemnisations, soit 10 % du budget de l’assurance invalidité. Une étude du SPF Santé publique montre par ailleurs qu’il existe une prévalence de 0,8 % parmi les travailleurs belges victimes de burn out décompensé sur trois mois.

C’est sur base de ces données que s’est construite la proposition de résolution sur la reconnaissance du burn out portée par Marc Loewenstein (Défi). En clair, le député bruxellois entend sensibiliser les institutions bruxelloises aux spécificités du burn out, afin de mieux le prévenir et le prendre en charge.

Les politiques ont pour cela travaillé avec des experts, dont Nicolas Clumeck, psychiatre. "On s’est demandé s’il y avait un intérêt à considérer le burn out comme une maladie professionnelle. Mais appliquer cette règle de façon générale ferait exploser le budget de la Sécurité sociale."

C’est la raison pour laquelle la résolution propose une reconnaissance ciblée pour les cas les plus graves. "De nombreux patients souffrent d’un manque de reconnaissance. C’est important de déstigmatiser le burn out et d’offrir une réelle reconnaissance de la maladie."

Le psychiatre précise par ailleurs que l’objectif de la résolution est "d’essayer d’éviter d’en arriver là", ce qui passe inévitablement par une meilleure prise en charge et plus de prévention. "Il est impératif de mieux détecter les cas de pré-burn out pour éviter que des personnes en souffrance continuent jusqu’à atteindre l’épuisement total et l’impossibilité de se concentrer" , poursuit-il.

La proposition de résolution demande ainsi au gouvernement francophone bruxellois de sensibiliser le secteur associatif et institutionnel et de soutenir la recherche pour objectiver la problématique. "Le burn out est encore trop peu reconnu, il faut mieux le définir pour pouvoir mettre en place une politique globale cohérente."

Présenté aujourd’hui au parlement de la Cocof, la Commission communautaire française, le texte est déjà cosigné par la majorité : Jamal Ikazban pour le PS et Pierre Kompany pour le CDH. "Je pense qu’on sera rejoints par l’opposition" , conclut Marc Loewenstein.

Le burn-out, c'est quoi exactement ?

Parce que le burn out n’est pas encore bien reconnu, les professionnels du secteur ne s’entendent pas sur sa définition. "Si vous cherchez sur Internet, vous trouverez cinquante définitions différentes", prévient le psychiatre Nicolas Clumeck. Ce manque de clarté n’est pas sans conséquences sur la prise en charge des patients ou la détection de la pathologie. "Le terme est galvaudé : beaucoup de personnes pensent être en burn out alors que ce n’est pas le cas et cela a des conséquences néfastes pour ceux et celles qui sont vraiment malades."

Outre la prise en charge du patient, c’est la formation des médecins qui est impactée par ce flou sémantique. "Dans ma formation de psychiatre, je n’ai eu aucun cours sur les spécificités liées au burn out, ce n’est pas normal. Aujourd’hui, j’essaie de changer cela en donnant une formation spécifique à mes étudiants", explique Nicolas Clumeck.

Quant à la résolution, présentée aujourd’hui, elle définit le burn out comme "un état affectif négatif associant sur une large période, un épuisement émotionnel, une fatigue physique intense à une diminution significative des capacités cognitives". Trois symptômes le caractérisent : épuisement mental, cynisme amenant à une démotivation importante et un sentiment d’échec et d’incompétence dans le travail.