“Un risque est toujours possible” , prévient le bourgmestre d’Ixelles

IXELLES Il y a un an, la St-Nicolas voyait la prestation de serment de Di Rupo Ier. Mais à Bruxelles, c’est le quartier Matonge qui focalisait tristement l’attention, se préparant à 15 jours de manifestations anti-Kabila émaillées de nombreux incidents.

Ainsi, le 5 décembre 2011, des anti-Kabila se réunissent, Porte de Namur. Pacifiquement. Mais le lendemain, les choses se gâtent. Les manifestations des sympathisants de Tshisekedi déborderont durant deux semaines : jets de pavés et de bouteilles, poubelles incendiées, vitrines brisées, voitures vandalisées. Le quartier Matonge déguste… Les émeutes conduisent à l’arrestation de plus de 400 personnes. De nombreux coups de matraques ou de gaz lacrymogènes se perdent parmi les manifestants. Une dizaine de plaintes sont déposées au Comité P. Tout rassemblement de plus de dix personnes est interdit dans le quartier.

Chez les commerçants, on fait grise mine. Les ventes de Noël sont gâchées, chaussée d’Ixelles, deuxième artère commerçante de la ville. Une cinquantaine de leurs vitrines auront été brisées.

Aujourd’hui, la question est toujours sensible. “Tant que la situation au Congo ne sera pas réglée, il y aura un risque” , admet Willy Decourty (PS), bourgmestre d’Ixelles. Dès lors, aucune autorisation n’est pour le moment accordée aux demandes de rassemblements. Trop étriquée, “la Porte de Namur n’est de toute façon pas un quartier qui se prête aux manifestations”.

Il y a une dizaine de jours seulement, quelques manifestants à l’issue d’une action devant l’ambassade américaine, ont essayé de poursuivre leur action Porte de Namur. Ils se sont dispersés lorsqu’ils ont aperçu l’important dispositif policier déployé sur place. Deux personnes ont été arrêtées pour avoir menacé des commerçants qui refusaient de baisser les volets de leurs établissements en solidarité avec les manifestants. “Il ne faut pas importer le conflit congolais ici” , rappelle Willy Decourty.



© La Dernière Heure 2012