Une lettre ouverte parue ce lundi dans plusieurs médias met en lumière les problèmes que vivent les jeunes. Cette lettre explique que le bien-être mental est en jeu, mais pas seulement. D’autres problèmes apparaissent également : "Le décrochage scolaire, les jeunes faisant leurs premiers pas dans le marché du travail et qui n’obtiennent pas de contrat à durée indéterminée ou qui sont au chômage depuis plusieurs mois", cite la lettre.

De nombreuses personnalités, telles que Heidi De Pauw, patronne de Child Focus, le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw, le pédopsychiatre Peter Adriaenssens, Chokri Mahassine, organisateur du festival Pukkelpop ou encore le nageur Pieter Timmers, s’inquiètent elles aussi des signaux d’alarme envoyés par les jeunes de 18-24 ans.

Les auteurs de la lettre ouverte, des parents et d’autres adultes concernés, sont prêts à faire un pas de côté et à laisser les jeunes se faire vacciner avant eux.

Mais qu’en pensent les principaux concernés ? "Je suis favorable à l’idée de faire passer les jeunes avant nous, explique Petra, 51 ans. La situation est très difficile pour tout le monde. Mais d’autant plus pour les jeunes qui doivent commencer leur vie. J’ai quatre enfants dont trois de cette tranche d’âge, et c’est très compliqué pour eux de trouver un job et de réaliser leurs études. Cependant, je ne veux pas non plus passer en dernière, si c’est pour attendre deux ans (rires)."

À cet âge-là, les jeunes aiment faire la fête, s’amuser, et surtout voir leurs amis. Avec la situation actuelle, rien de tout cela n’est possible. "Je trouve la situation très triste car, à mes 20 ans, c’était une insouciance totale, et je trouve dommage que les jeunes d’aujourd’hui ne vivent pas cette insouciance", indique Isabelle, 55 ans, prête elle aussi à laisser sa place.

Protéger les écoles

Cependant, tous ne sont pas favorables, ou ne sont pas convaincus par l’idée. " Ce n’est pas que je suis pour passer après eux, mais je n’y vois aucun inconvénient", commente Sander, 66 ans. "De toute manière, ce n’est pas parce qu’on a le vaccin qu’on peut faire ce que l’on veut. Il faudra attendre que tout le monde soit vacciné pour bénéficier de la liberté."

Les personnes rencontrées sont en revanche unanimes sur un aspect : l’école. "Dire qu’il n’y a pas de transmission dans les écoles, c’est faux, assène Nicolas, 62 ans. Fermer les écoles, ça paraît invraisemblable. On laisse les écoles ouvertes mais c’est dangereux. Donc il faudrait aussi les protéger et les vacciner pour que les écoles puissent rouvrir en toute sérénité."

France, 56 ans : “Tant qu’à faire, oui bien sûr je cède ma place, si on laisse la priorité pour laisser les écoles ouvertes. Je trouve que c’est très important que les jeunes puissent aller à l’école dans de bonnes conditions, en présentiel de préférence. Les gens de notre génération ont déjà du mal à avoir des relations correctes, mais quand on est dans le début de la vie, c’est d’autant plus important. Pour nous, l’avenir, ce sont les jeunes.”

Isabelle, 55 ans : “Oh oui ! je ne suis pas dans les sujets a priori fragiles. Je n’ai pas de diabète, je suis en forme, je peux donc attendre. Moi je rêverais que les jeunes puissent retrouver une vie plus libre, même si on est tous à un an près, même à mon âge, mais encore plus à leur âge. Je trouve la situation très triste car à mes 20 ans, c’était une insouciance totale. Je trouve cela dommage que les jeunes d’aujourd’hui ne vivent pas cette insouciance...”

Filip, 47 ans : “Oui je suis prêt à laisser ma place. J’ai ma fille qui est en première année à Louvain, elle est donc dans cette situation. Selon moi, il faut d’abord vacciner les personnes âgées. Pour le reste, on doit accepter de vivre avec les restrictions actuelles. Cependant, le vaccin ne changera pas grand-chose à la situation des jeunes. J’ai cru comprendre dans cette carte blanche que les jeunes souhaitent juste (re)voir leurs amis.”

Marc, 64 ans : “Je ne suis pas vraiment d’accord, mais je ne suis pas 100 % opposé. Ce n’est pas une question d’être égoïste, car je comprends leur situation. Mais selon moi, le critère qui prédomine, c’est la fragilité des gens. Les jeunes sont considérés comme les moins fragiles. Alors, laissons la place aux plus âgés. Cependant, s’il y a un consensus et qu’ils vont dès lors se faire vacciner avant nous, je ne m’y opposerai pas.”