Bruxelles Le promoteur privé Atenor estime que la concurrence achète trop cher.

Le CEO d’Atenor n’y va pas par quatre chemins. À l’occasion de la présentation du bilan semestriel du promoteur immobilier actif dans la capitale mais aussi ailleurs en Belgique et, de plus en plus, dans les pays de l’Est, Stéphan Sonneville a fait part de son inquiétude quant à l’évolution du prix des terrains sur le territoire régional bruxellois. “Si nous n’investissons pas à Bruxelles, ce n’est pas parce que nous n’y croyons pas. Je pense simplement que des concurrents sont en train d’acheter trop cher”, explique celui qui a, entre autres, développé la plus grande tour de logements de la capitale, Up-Site, le long du canal. “C’est mon sentiment. Mon estimation est que les terrains se vendent à des prix élevés, donc les appartements s’afficheront à des prix élevés aussi. Un investisseur qui achète maintenant se rend ensuite compte que, s’il veut le louer, cela coûte de l’argent, cela prend du temps. Il se rendra compte également que les locataires auront du mal à payer. En clair, que l’investissement risque d’être médiocre.” Craint-il un crash ? “Non. Mais cela commence à sentir un petit peu la spéculation. Chez Atenor, nous n’entrons pas dans cette logique.”

Voilà qui est dit. Cette pression sur les prix, le patron de Citidev (le promoteur immobilier public – entreprises, logements, etc. – de la Région bruxelloise) Benjamin Cadranel la confirme. “Je constate effectivement que le prix des terrains augmente. Je constate également que le prix de vente des appartements augmente également plus rapidement que l’évolution des salaires. Donc oui, il existe un risque de surchauffe mais parler de spéculation me paraît un peu exagéré. Voir le prix des terrains qui augmente, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. La bonne nouvelle, c’est de voir que de nombreux projets avancent. En attendant, si cette ‘spéculation’amène des projets à ne pas sortir de terre, cela risque de poser problème en effet.”

La raison de cette pression sur les terrains est double : un essor démographique important donc un besoin de logements lié à un manque de terrains constructibles sur le territoire régional.

Pour Stephan Sonneville, cette situation induit le fait que “Bruxelles continue à se vider de sa classe moyenne. Raison pour laquelle il faut faire du logement accessible aux Bruxellois”. Ce qu’il compte mettre en place sur son projet City Dox, sur les berges du canal de Willebroek à Anderlecht. Ici, environ 21 500 m2 de logements verront le jour sur un terrain d’environ 157 000 m2 comprenant également des commerces, des activités de production, des services aux entreprises, etc.

Outre ce projet, Atenor poursuit celui de la gare du Midi (Victor, en latence depuis dix ans), le CCN dans le quartier Manhattan ainsi que les deux tours prévues dans le quartier européen : The One et Realex. Pour le reste, il développe des projets surtout à Bucarest, Budapest et Varsovie. “Nous ne sortons pas de Bruxelles mais notre approche est désormais ciblée et prudente.”