Ce jeudi, le gouvernement bruxellois a annoncé qu'il n'interjetterait pas appel de la décision de justice condamnant la Stib pour discrimination.

Cette décision, qui intervient dans un contexte politique tendu concernant le port des signes convictionnels, a rapidement suscité de vives critiques.

Pour le Centre d'Action laïque (CAL), la décision du gouvernement bruxellois est tout bonnement inacceptable. "D’une part, les responsables politiques interdisent qu’une juridiction supérieure se penche sur la question alors que l’enjeu mérite mieux qu’une décision judiciaire aussi instable de première instance", dénonce l'ASBL dans un communiqué, avant de poursuivre: "D’autre part, le gouvernement bruxellois restreint les conditions dans lesquelles la neutralité sera, à l’avenir, appliquée à la STIB, en se privant non seulement de l’éclairage qu’aurait pu donner une juridiction supérieure mais aussi du résultat du débat démocratique futur au Parlement". Et de conclure: "Pour couronner le tout, le gouvernement laisse même à la STIB le soin de définir les dérogations à ce qu’il reste de la neutralité, ouvrant la voie à une politique de neutralité spécifique, institution par institution".

Le CAL entend bien "ne pas en rester là".


"Le communautarisme a gagné"

Les réactions n'ont pas non plus tardé à fuser dans les rangs politiques. Le président du MR Georges Louis-Bouchez, qui défend bec et ongles la neutralité de l'Etat, estime que le "communautarisme a gagné au PS chez Ecolo avec la complicité de Defi malgré ses engagements". Il déplore que la neutralité de l'Etat soit attaquée "par ceux qui pensent plus aux élections qu’à l’intérêt général".


Pour sa part, le CDH bruxellois qualifie la décision de "regrettable" et juge que le renvoi du débat au Parlement est un "aveu de faiblesse" de la part du gouvernement bruxellois.


Le président de Défi François De Smet, qui veut inscrire le principe de laïcité de l'Etat dans la Constitution mais dont le parti se trouve dans la majorité bruxelloise, a tenu à justifier la décision du gouvernement. "L'accord de gouvernement bruxellois préserve et renforce la neutralité à la STIB, lutte contre le prosélytisme et ouvre le débat démocratique au parlement bruxellois", a-t-il déclaré. Il précisera d'ailleurs les termes de cet accord ce vendredi matin, sur les ondes de DH Radio.