Celle-ci s'est ensuite rendue dans un bureau de police de Laeken, à Bruxelles, où cela fut fait. La ministre de l'Intérieur a été interrogée à ce sujet par plusieurs députés, principalement francophones, lors d'un mini-débat en commission de la Chambre.

L'incident a eu lieu vendredi dernier sur le parking d'un supermarché à Ninove, en Flandre orientale. Une caissière portant un foulard a été insultée et invitée à "retourner dans son pays", puis, selon elle, renversée par une voiture.

Selon le quotidien Le Soir, la victime a été refoulée lorsqu'elle s'est rendue à la police de Ninove pour déposer plainte. La femme s'est ensuite rendue dans un commissariat de police à Laeken, près de Bruxelles, où elle dit avoir été aidée dans sa démarche.

L'incident a particulièrement suscité l'émotion en Belgique francophone. Les députés cdH, PS, PTB, Ecolo et DéFI ont interpellé la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) à ce sujet en commission de l'Intérieur de la Chambre mercredi. Ils ont été rejoints par Anja Vanrobaeys (Vooruit) et Eva Platteau (Groen).

Annelies Verlinden a commencé par condamner le racisme subi par la victime. Ces faits "n'ont pas leur place dans notre société et nous devons tout faire pour éviter que cela ne se reproduise", a-t-elle dit.

A propos du refus de la police d'enregistrer la plainte, la ministre a immédiatement contacté le chef de corps de la zone de police concernée. Celui-ci a enquêté sur les faits et conclu que ceux-ci résultaient d'un malentendu à l'accueil du bureau de police. a-t-elle indiqué.

Le chef de corps avait auparavant tenu des propos du même ordre dans la presse. "Les collaborateurs de la police locale n'ont pas été en mesure d'évaluer la gravité des faits lors des premiers contacts", a déclaré Mme. Verlinden. "La femme n'a pas été éconduite et il est également faux de dire qu'elle n'a pas eu la possibilité de décrire les faits. Mais à aucun moment il n'a été question de l'incident avec une voiture. La préposée de l'accueil a conclu qu'il n'y avait pas d'urgence et qu'il valait mieux traiter l'affaire quant au fond. Il a donc été suggéré de prendre un rendez-vous pour le suivi afin d'interroger les personnes et de rédiger un rapport approfondi."

Les députés, y compris ceux de la majorité, ne se sont pas montrés satisfaits de cette explication.

Le chef de la police de Ninove souhaite inviter la jeune femme à un entretien afin de clarifier la situation avec le personnel de l''accueil, a déclaré Mme. Verlinden. Son cabinet continue de suivre la situation, a-t-elle enfin assuré.