Le roi a exprimé ses plus profonds regrets pour les actes violences infligés au Congo. Des Belgo-Congolais réagissent.

Ce mardi 30 juin marque le 60e anniversaire de l'indépendance du Congo. Une occasion saisie par le roi Philippe pour adresser une lettre à Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le président de la République démocratique du Congo. Il y exprime ses "plus profonds regrets" pour les "actes de violence" et les "souffrances" infligés au Congo léopoldien puis belge.

Pas d'excuses formelles donc, mais des propos notables malgré tout dans la mesure où le roi Philippe est le premier souverain régnant à exprimer ses regrets à ce sujet. Un pas en avant pas suffisamment franc, selon Jean. "On attendait des excuses. Ses regrets ne suffisent pas. Quand on commet une faute, on ne présente pas ses regrets mais ses excuses."

Si le bruxellois a été attentif aux mots des autorités belges, dans les rues de Matonge, cet après-midi, peu d'habitué(e)s du quartier y avaient cependant prêté attention. "Je n'avais pas entendu parler de sa lettre. Ca ne me fait pas grand-chose parce que j'ai l'impression que c'est surtout du politiquement correct : il en parle maintenant parce que c'est dans l'actualité mais cela ne suffit pas, estime Ornela, qui est née au Congo et a grandi en Belgique. L'histoire coloniale fait partie de l'histoire belge. C'est blessant pour certains d'en parler mais il faut le faire, surtout à l'école pour éduquer les gens."

Enseigner le passé colonial de la Belgique : voilà ce que demandent les Belgo-Congolais(es). "Le passé, c'est le passé. Les excuses du roi Philippe n'y changeront rien, d'autant qu'il n'est pas responsable de ce qui s'est passé, explique Joseph. Ce n'est pas aux politiques de parler de la colonisation mais aux citoyens car ce sont eux les premiers concernés. Pour que l'on puisse former une société unie, il faut que les citoyens comprennent et reconnaissent ce qu'il s'est passé."

Comprendre le passé mais aussi le présent, ajoute une passante : "Dire qu'on est désolé, ça ne sert pas à grand-chose. Il faut manifester ce chagrin, montrer qu'on le vit avec les premiers concernés et traiter chacun comme on aimerait être traité soi. Cela passe forcément par une lutte contre les discriminations."