Bruxelles C’est 42 de plus qu’en 2017, notamment en raison de l’augmentation des contrôles.

161. C’est le nombre d’interdictions immédiates de mise en location déclarées en 2018. La raison pour laquelle ces logements, maisons ou appartements ont été fermés sur le champ : l’insalubrité. Dans de nombreux cas, c’est l’isolation qui est en cause, générant un milieu humide et donc susceptible de rendre malade les locataires. Mais le problème peut aussi venir de risques d’électrocution, d’incendie, d’explosion, d’intoxication, de chute ou de coupure. "Les interdictions immédiates de mise en location, comme la définition l’indique, couvrent les dangers imminents pour la sécurité ou la santé des occupants" , explique Céline Fremault (CDH), ministre du Logement.

161, c’est plus de quarante de plus qu’en 2017. Une hausse que la ministre explique notamment par le renforcement du personnel de la Direction de l’inspection du logement (Dirl). "Le personnel a quasiment doublé sous cette législature. Il faut aussi souligner la collaboration renforcée entre la Dirl et certains opérateurs locaux comme les communes et les associations, qui permettent d’identifier des situations particulièrement à risque."

Céline Fremault précise qu’en 2018 les logements publics représentaient 3 % des interdictions immédiates. Un pourcentage que le député libéral David Weytsman tient à nuancer : "Pour avoir moi-même géré des logements publics, je sais que les situations d’insalubrité sont assez courantes. Mais les fermetures immédiates de logements publics nécessitent un arrêté du bourgmestre, elles sont donc beaucoup plus rares que dans le privé."

Le député bruxellois rappelle que les logements publics héritent souvent d’un bâti très vieux ou mal construit. "Au niveau du bâti, Bruxelles est encore une passoire : 60 % du bâti bruxellois date d’avant 1940 et 80 %, d’avant 1965. La rénovation n’est donc pas toujours possible ou alors elle demande de gros moyens financiers." David Weytsman invite ainsi le gouvernement à ne pas minimiser la problématique des logements publics. Souvent mal isolés, ces derniers peinent à être attribués aux locataires dont la famille s’agrandit et qui ont donc besoin d’un logement plus grand. Conséquence d’un lieu de vie trop étroit : un risque plus élevé de condensation et donc d’humidité et de moisissures. "Dans le privé, il faut absolument lutter contre les marchands de sommeil qui louent leur bien à un grand nombre de personnes, créant là aussi des conditions de vie déplorables, menant souvent à l’insalubrité."

Autre élément essentiel selon lui : la création de plus de primes à la rénovation et à l’isolation. "Les primes existantes ne sont pas suffisantes et les conditions d’accès à ces primes sont trop limitées : une partie de la classe moyenne n’y a pas accès alors qu’elle en aurait besoin." Réduire l’insalubrité à Bruxelles nécessite ainsi selon lui de mettre les moyens pour isoler et rénover les logements, publics comme privés.