Multiplication des chantiers et déchets plus nombreux favorisent l’apparition de ces petits rongeurs, souvent indésirables.

Vous en avez peut-être aperçu ces derniers jours dans les rues de la capitale, les rats sont de plus en plus visibles en cette période. À l’instar de grandes villes comme Paris, ces petits rongeurs en quête de nourriture "sortent de partout", explique Georges Moreau, responsable opérationnel chez All Hygiene Company (AHC), une firme spécialisée dans les opérations d’extermination de rats, souris et tous types de nuisibles à Bruxelles.

"On constate qu’ils sont plus visibles et nombreux avec l’arrivée de l’hiver. Le problème est global en Région bruxelloise et aucune commune n’est épargnée, explique ce spécialiste qui agit sur l’ensemble de la Région, mais également en Wallonie. J’ai récemment été appelé à Uccle, à Schaerbeek sur la place Liedts, dans la rue de la Science et la rue Belliard où on a encore agi la semaine dernière. Nous sommes également intervenus dans les ambassades du Canada et de la Russie", ajoute Georges Moreau.

La présence massive de ces petits rongeurs, habitués des égouts, s’explique par différentes raisons. "De nombreux chantiers sont actuellement en cours, ce qui explique que les rats sortent des égouts pour se réfugier ailleurs", explique de son côté Xavier Hubert, gérant de la firme spécialisée Una Desinfection.

"En outre, les rats mangent les déchets ménagers, toujours plus nombreux avec l’augmentation de la population, ce qui explique leur reproduction importante. En Région bruxelloise, on recense 2 à 3 rats par habitant ! ajoute Xavier Hubert. Cet animal a toujours suivi l’homme et a toujours géré nos déchets. C’est un très bon recycleur, comme les pigeons. Mais il y a trop de denrées alimentaires et ils ont donc trop de choix, ce qui engendre une prolifération importante".

La situation est particulièrement interpellante dans les communes densément peuplées. "Le nombre d’intervention contre la présence de rats sur la commune d’Anderlecht est en hausse constante depuis quelques années et il culmine à 318 interventions pour l’année du mois de septembre 2015 à septembre 2016, contre 2012 pour la même période trois ans plus tôt, explique Jean-Jacques Boelpaepe (LB), échevin de l’Hygiène de l’entité. Un chiffre qu’il convient toutefois de relativiser étant donné que le nombre de vétérinaires communaux et d’agents spécialisés a été revu légèrement à la hausse.

Du côté de la commune de Forest, également densément peuplée, on enregistre entre 130 et 150 dératisations par an. "Certains ne font pas appel à la commune pour des interventions de dératisation pensant que c’est coûteux, or nous avons un service gratuit grâce à une convention signée avec une société publique", ajoute Marc Loewenstein (DéFI), échevin de la Propreté publique.

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Voici le genre de trouvaille faite par la firme spécialisée AHC... (Crédit: DR)

Deux campagnes de dératisation par an

Toutes les communes bruxelloises organisent deux campagnes de dératisation chaque année. "Mais lorsque notre administration reçoit des appels de particuliers pour signaler une invasion de rats, nous faisons, via Vivaqua, appel à une firme spécialisée chargée de placer un produit à base de paraffine, explique Jean-Jacques Boelpaepe (LB), échevin de l’Hygiène à Anderlecht.

Il peut également arriver que des riverains achètent eux-mêmes ce produit pour éradiquer les petits rongeurs. Une démarche qui, selon un spécialiste, peut représenter un risque pour les animaux de compagnie ou les enfants qui entreraient en contact avec le poison. "Le mieux est de faire appel à une firme spécialisée qui va utiliser des produits agréés par le ministère public de l’Environnement avec un grammage très strict à respecter et un système de boîtier. Ce système permet d’éviter que des animaux ou enfants n’entrent en contact avec ces produits nocifs", conclut Georges Moreau, responsable opérationnel chez All Hygiene Company.


Georges Moreau, responsable opérationnel chez All Hygiène Company: "Un rôle écologique important"

"Certes, le rat est vecteur de maladies et à l’origine de dégâts, mais il a aussi un rôle écologique important : il vit dans les égouts et digère nos déchets, ce qui évite aux canalisations de s’engorger. Le rat est plus intelligent et plus méfiant que la souris. Il a toujours accompagné l’homme et l’accompagnera toujours."