Bruxelles Le futur acquéreur devra débourser la somme de 9,5 millions d’euros pour se payer ce bâtiment de plus de 4 000 mètres carrés.

Bpost a officiellement mis en vente l’un de ses bâtiments, situé aux numéros 55-57 de la chaussée de Boondael, dans le quartier Flagey. Les services postaux devraient quitter ces locaux pour la fin de l’année et, partant, libérer plus de 4 000 mètres carrés d’espace bâti, ainsi qu’un parking pour véhicules. Le prix de vente indicatif a été fixé à hauteur de 9,5 millions d’euros.

"Cette situation constitue une source d’opportunités en termes de projet porteur au sein de notre commune avec un rayonnement qui dépasse ses frontières. Comme vous le savez, les données urbanistiques de ce bien se réfèrent à une zone d’équipements d’intérêt collectif ou de service public et zone d’intérêt culturel, historique, esthétique ou d’embellissement. Il ferait donc sens qu’une réflexion puisse être ouverte rapidement sur la manière dont notre commune, en coopération avec d’autres acteurs publics ou privés, pourrait soutenir un projet à finalité collective à travers ce bâtiment", estime Gautier Calomne, chef de groupe MR, qui interpellera le bourgmestre Christos Doulkeridis à ce sujet lors du prochain conseil communal.

Selon lui, ce bâtiment doit être mis à disposition du grand public afin de créer du lien. "Je pense tout particulièrement au succès de l’ancienne fonderie du 11e arrondissement parisien, laquelle a été reconvertie en centre d’art numérique, "l’Atelier des lumières". Ce pôle culturel majeur accueille des expositions digitales immersives de renom dont, notamment, des projections consacrées au célèbre peintre Gustav Klimt. Un projet similaire serait hautement souhaitable au sein de la Région bruxelloise", précise M. Calomne.

"Vu les volumes du bâtiment de bpost, il pourrait lui être adossé des fonctions complémentaires sur les plans pédagogique, économique, culturel et social : comme, par exemple, une école de codage, un espace de coworking pour les indépendants dits "nomades digitaux", un hub de start-up, un lieu d’accueil d’artistes ou encore des unités d’initiation à l’informatique pour les seniors. La réaffectation d’une ancienne poste en un espace moderne dédié au développement numérique a également une haute valeur symbolique", ajoute-t-il. "L’esquisse d’un tel projet ne s’inscrit évidemment pas dans une démarche à courte vue mais, bien au contraire, dans le souhait d’un débat plus large sur ce que nous voulons, toutes et tous, comme ambition pour notre commune. Un bâtiment de plus de 4 000 mètres carrés au cœur d’Ixelles, c’est une source d’opportunités rare que l’on ne peut, et que l’on ne doit, pas négliger."

De son côté, Yves Rouyet (Ecolo), échevin en charge du Patrimoine et de l’Urbanisme, dit suivre le dossier de très près . "Comme nous sommes en zone d’équipement d’intérêt collectif, il est normal que 50 % du programme soit consacré à de l’équipement (école, musée, centre de design, etc.). Le rez-de-chaussée présente d’ailleurs des espaces généreux idéaux pour accueillir un équipement, avec de grandes hauteurs sous le plafond. Le bâtiment de style moderniste 1965 est intéressant d’un point de vue patrimoine. La salle des guichets est remarquable avec une œuvre murale du peintre Salkin, précurseur du pop art en Belgique. Le lieu constitue une opportunité pour les pouvoirs pour créer des synergies artistiques et/ou d’enseignement avec La Cambre, le Flagey, l’INSAS et les écoles primaires voisines. Les étages peuvent facilement accueillir un programme de logements à caractère social", conclut-il.