Une fête étudiante spéciale genièvre a dérapé ce lundi dans les Marolles.

Des étudiants tentant d'échapper à un chien policier, d'autres en pleurs après avoir reçu un jet de spray au poivre : la soirée étudiante qui s'est tenue au Bazaar ce lundi ne s'est pas déroulée comme prévu. La fête, spéciale genièvre, était organisée par Bruxellas, un club étudiant folklorique néerlandophone qui se définit comme "un club étudiant bruxellois sélect composé d'étudiants masculins de la HUB, créé en 1987 par Christophe Van Coppenolle".

La fête a débuté lundi après-midi à 14h30 dans le débit de boissons Bazaar, situé rue des Capucins, dans les Marolles. "A 18h26, nous avons reçu un appel pour une personne malade. Nous avons envoyé une ambulance pour qu'elle reçoive les soins nécessaires", indique la porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles. A 19h06, c'est l'équipe de sécurité engagée par le bar pour encadrer la soirée qui a demandé l'intervention des forces de l'ordre. "L'agent de sécurité nous a appelé parce que la fête était devenue incontrôlable et que le personnel de sécurité était bombardé de bouteilles en verre."

Une seule patrouille a d'abord été envoyée, avant que du renfort n'arrive sur place. "Nos agents ont eu des contacts avec l'organisateur qui nous a dit qu'il n'avait plus le contrôle de l'événement et voulait y mettre fin." Il est alors 20h et les forces de l'ordre décident d'annoncer la nouvelle aux 250 personnes qui se trouvaient à l'extérieur de la salle. "On leur a dit qu'il était inutile d'attendre car la fête était terminée mais les jeunes n'étaient pas d'accord. Des bouteilles en verre ont été jetées à nouveau, cette fois sur nos agents." Ces derniers utilisent alors leur spray au poivre pour disperser les étudiants. Ils ont ensuite fait évacuer les 150 personnes présentes dans la salle.

De son côté, le club Bruxellas conteste cette version des faits. "Quelques officiers sont arrivés sur place vers 19h30 pour des raisons qui nous sont inconnues alors que la fête se déroulait bien. Il est selon nous peu probable que des bouteilles aient pu être jetées à l'extérieur dans la mesure où il était interdit de sortir avec."

L'organisateur juge en outre que les moyens déployés par les forces de l'ordre étaient disproportionnés. "Des dizaines de personnes ont été touchées par du gaz poivré sur la bouche et les yeux, plusieurs coups ont été distribués à des étudiants et au moins une étudiante a dû se faire vacciner après avoir été mordue par un chien policier. Le comportement isolé d'individus à l'extérieur peut avoir été offensé mais cela ne justifie pas la manière dont le groupe de fêtards de bonne foi a été approché par la police."

La zone de police estime quant à elle que l’utilisation de spray au poivre était la “solution la plus opportune dans une situation où les jeunes ne voulaient pas partir et où il n’y avait pas d’autre moyen de faire passer le message”.

© D.R.