Il y a un problème de confiance à Bruxelles entre les jeunes et la police", constate non sans amertume Ilyas Mouani, président du Conseil des jeunes de la VGC. Selon une enquête menée auprès de plus de 2 000 Bruxellois entre 15 et 30 ans, 48 % des jeunes interrogés éprouvent un sentiment de colère à l’encontre de la police, et 42 % un sentiment de peur. La quasi-totalité des jeunes interviewés (93 %) déclarent que les relations entre les jeunes et la police doivent être améliorées.

Une situation de méfiance qui fait notamment écho à des événements dramatiques comme le décès du jeune Adil à Anderlecht après une course-poursuite et du jeune Mehdi, renversé par une voiture de police au Mont des Arts. Mais également aux scènes de violences à l’encontre des forces de l’ordre, comme dernièrement des jets de pierres envers des pompiers à Neder-Over-Heembeek.

Pour rétablir la confiance des deux côtés, des opérations ont déjà été mises sur pied : match de football entre jeunes et policiers, rencontres… Outre ces actions " one-shot ", les autorités régionales veulent désormais s’inscrire dans la pérennité et ont délivré un budget de 100 000 € pour la mise en place d’un projet pilote lancé avec la zone de police Midi. "Le but est de reconstruire une relation de confiance", insiste le secrétaire d’État Pascal Smet (one.brussels) en chargé de la Jeunesse au sein de la Commission communautaire flamande.

"Pour gagner le respect, il faut apprendre à se connaître. On veut une police moderne, proche des citoyens. Les jeunes doivent notamment apprendre comment la police fonctionne en interne ", explique Jurgen De Landsheer, chef de corps de la zone de police Midi. Pour cela, des visites sont déjà organisées et seront dans un futur proche amplifiées. "Chaque nouveau projet est un pas vers l’avant", sourit Ilyas Mouani.

Le secrétaire d’État socialiste espère pouvoir étendre cette initiative d’ici une année à d’autres zones de police de la capitale.

Le chef de corps du Midi nous explique qu’un travail structurel doit également être initié en amont. "Il faut bien sûr revoir le recrutement, la formation…" Mais se pose alors également l’épineuse question des financements…