Le journaliste a été agressé physiquement au parc du Cinquantenaire à Bruxelles à la fin de la manifestation contre une obligation vaccinale et l'usage du Covid Safe Ticket (CST, le pass sanitaire requis pour accéder aux établissements horeca, événements culturels, etc.), qui s'est tenue dans la capitale.

Le journaliste de la RTBF a été reconnu alors qu'il couvrait l'événement pour son média et pris à partie à ce titre par un groupe de manifestants qui lui ont projeté du spray au poivre à bout portant dans les yeux, tout en l'insultant, explique l'entreprise publique. Il a ensuite été conduit aux urgences de l'hôpital le plus proche pour procéder à un examen médical.

La RTBF s'est dite scandalisée et a fermement condamné l'agression physique envers son journaliste. "Les agressions verbales et physiques dont font l'objet les équipes de reportage deviennent de plus en plus courantes, chez nous mais également dans d'autres pays européens", déplore-t-elle. "Exprimer son opinion lors de manifestations organisées est un droit, celle d'informer en toute indépendance et sans pression est un fondement démocratique."

"Une manifestation des libertés devrait aussi comporter la liberté d'informer", a de son côté souligné M. Boever, contacté par Belga.

La RTBF va porter plainte contre les agresseurs, a-t-elle annoncé. L'Association des Journalistes professionnels (AJP) se constituera aussi partie civile, a-t-elle fait indiqué par voie de communiqué.

"La violence, les insultes et, par-dessus tout, l'utilisation d'un spray aveuglant par les agresseurs pour empêcher les journalistes de faire leur travail doit être condamnée sans réserve", plaide l'AJP. Et d'ajouter que les journalistes ne sont pas des "ennemis". "Ils tentent, dans des conditions de travail souvent difficiles, de comprendre, d'expliquer les faits et d'informer complètement le public", conclut-elle.

La ministre francophone des Médias, Bénédicte Linard (Ecolo), évalue actuellement différents options pour faire en sorte que les journalistes soient mieux protégés dans l'exercice de leur métier, a fait savoir lundi son cabinet. "Si la liberté d'expression est un fondement de la démocratie, la liberté de la presse l'est aussi. Aucun journaliste ne devrait craindre pour sa sécurité parce qu'il exerce son métier", avait-elle publié dimanche sur Twitter.

La question de la sécurité des journalistes a aussi été évoquée lors d'une récente réunion entre l'Association générale des Journalistes professionnels de Belgique (AGJPB) et la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V).