Bruxelles

La thématique de la discrimination à l'embauche intéresse particulièrement les stagiaires de Bruxelles Formation, non sans raison.

Pour Bruxelles Formation, ce vendredi 20 septembre est la Journée des stagiaires. Organisé en prémisse à la Journée européenne des langues du 26 septembre, l’événement vise la promotion des langues et valorise la diversité linguistique et culturelle de la capitale. Cette année, ce sont tous les stagiaires de Bruxelles Formation qui y participent. La Journée tourne autour du thème de l’innovation pédagogique. Depuis ce matin, plus de mille stagiaires de Bruxelles Formation s’affrontent lors d’épreuves faisant appel, dans la bonne humeur à leurs capacités physiques, intellectuelles et d’adaptation. Au programme : épreuves de langues et sportives, quiz sur Bruxelles, jeu pédagogique et chorégraphie géante.

Parmi ces épreuves, le D-Game est un jeu pédagogique conçu et réalisé par des stagiaires dans le cadre de leur formation en bureautique. "On a récemment changé notre méthode pédagogique et on a opté pour la pédagogie par projet : chaque année, le groupe choisit un projet à travers duquel il développe ses compétences en bureautique", explique Geneviève Dehon, formatrice. Concrètement, D-Game est un mini jeu d’investigation constitué de petites énigmes dont le message porte sur la discrimination à l’embauche. "On l’a pensé un peu comme un escape game, avec le principe des énigmes à résoudre le plus rapidement possible", précise Oubaida El Fassi, l’un des stagiaires concepteur du jeu. Diffusé sur tablette, D-Game invite chaque équipe à produire un slogan sur le thème de la discrimination à l’embauche.

Pourquoi cette thématique ? "Lors de la formation de trois jours autour de la citoyenne, la majorité du groupe a choisi l’atelier portant sur la discrimination et les préjugés. Mon groupe de bureautique, mais aussi une grande partie des stagiaires de Bruxelles Formation se sentent concernés par le sujet", indique Geneviève Dehon. Tout au long de l’année, le groupe de treize stagiaires s’est ainsi informé sur le sujet, récoltant des témoignages. "Notre groupe est composé de plein d’origines différentes donc on avait tous des choses à raconter. Ces moments de partage et d’écoute étaient très importants", racontent Wafahe Benhattal et Amira Ben H’Midou.

Pour Oubaida, cette expérience aura aussi été l'occasion de se rendre compte de toutes les formes que peut prendre la discrimination à l'embauche. "Quand on parle discrimination, on imagine tout de suite que c'est pour des raisons raciales. Mais il y a d'autres critères auxquels on ne pense pas forcément comme l'âge ou l'état de santé." Et effectivement, alors qu'Unia compte pas moins de 19 critères de discrimination, certains ne semblent pas perçus comme tels par la population.

"Selon une enquête de notoriété, les critères les plus connus sont les critères raciaux, suivis de la conviction religieuse puis de la langue et de l'origine sociale, le genre arrivant en cinquième place. Il est intéressant de constater que les critères qui nous arrivent à tous, comme l'âge ou un état de santé défaillant ne sont globalement pas considérés comme problématiques", explique Lode Nolf, porte-parole de l'institution de lutte contre la discrimination. Pourtant dans les faits, sur 184 dossiers ouvert en 2018 par Unia, c'est le handicap (52 dossiers) qui est le critère de discrimination le plus important dans l'emploi à Bruxelles. Suivent les critères raciaux (51 dossiers) puis l'état de santé (43) et l'âge de la personne (29).