Cinq personnes impliquées dans le transfert illégal de jeunes filles nigérianes, qui ont ensuite été forcées à se prostituer, ont été condamnées vendredi à des peines de prison allant de 15 mois à 4 ans. Au moins 8 filles ont été recrutées sous de faux prétextes au Nigeria et, après avoir subi un rituel vaudou, amenées en Belgique via le Libéria et l'Italie.

L'enquête a débuté en août 2018 lorsque la police a entendu qu'un souteneur nigérian avait ramené une trentaine de jeunes Nigérianes à Bruxelles. Le proxénète, Jumoke S., qui portait les surnoms de "Happy" et "Animal Skin", était déjà apparu dans un dossier similaire deux ans auparavant. Il était question de très jeunes filles qui étaient emmenées illégalement en Belgique, depuis le Nigeria. Les filles avaient été recrutées au Nigeria avec la promesse qu'elles pourraient travailler comme coiffeuses en Belgique. 

Après avoir subi un rituel vaudou, elles étaient transférées vers le Libéria et conduites en bateau pneumatique vers l'Italie. Là-bas, elles recevaient de faux papiers de la part du complice de S. et elles étaient enfin conduites en Belgique. Une fois à Bruxelles, elles étaient contraintes de se prostituer. Jumoke S. était également le point de contact pour d'autres proxénètes nigérians s'ils voulaient que de nouvelles filles soient transférées du Nigéria, tandis que sa sœur était responsable des transferts d'argent vers le Nigeria. Le frère de Jumoke était également impliqué dans l'organisation criminelle. Jumoke S. a été condamné à 4 ans de prison, sa sœur à 15 mois et son frère à 30 mois. Deux complices en Italie ont été condamnés à des peines de prison de respectivement 18 et 40 mois