Résultats des mois d'avril et mai sont alarmants. Le Siru, victime d'une faillite... anglo-saxonne

BRUXELLES L'hôtellerie bruxelloise a connu de derniers mois particulièrement difficiles. En crise depuis la fin de l'année dernière, ce secteur pourvoyeur de très nombreux emplois bruxellois vient de vivre deux mois encore plus difficiles.

En avril , le revenu par chambre disponible a chuté de 27,7 %, de 21,8 % au mois de mai. Ceci alors que le mois de mars affichait un ratio positif (+ 4 %). Depuis le début de l'année, ce revenu par chambre disponible affiche un solde négatif de 17,8 %. Le taux d'occupation a quant à lui dégringolé de 16,1 % en avril, de 11,4 % en mai, selon les données compilées par STR Global.

Dernier exemple emblématique en date : la faillite de l'hôtel Siru, coincé derrière la place Rogier. Propriété de l'héritière Hollander (son mari a fait fortune dans les couverts de cuisine...), cet hôtel trois étoiles de style Art Déco (1932) était géré par une société dont la maison mère, Friendly Hotels, se trouvait en Angleterre.

Les graves difficultés financières de la boîte anglo-saxonne l'ont incité à réclamer la dette contractée au fil des ans par sa filiale belge, au même titre que d'autres filiales de par le monde.

Les petits Belges n'avaient pas le million d'euros réclamés. Ils sont dès logiquement mis en aveu de faillite. Ordonné le 25 mai dernier, il a engendré une fermeture immédiate de l'hôtel décoré par plus de 130 artistes différents, dont Schuiten.

En cause : le bail était directement géré par la maison-mère, qui l'a rompu le jour de sa propre faillite... La dizaine d'employés a été licenciée. Les clients de l'hôtel, quant à eux, ont été priés de partir dans la journée. Ceux qui avaient réservé ont tous été prévenus. Et les clés ont été remises à Mme Hollander, qui cherche désormais un repreneur.

Gageons que l'héritière mettra du temps à rouvrir son auberge. De nombreux autres hôtels bruxellois semblent eux aussi largement souffrir...



© La Dernière Heure 2009