Rachid (les prénoms ont été changés) habite un logement deux chambres du Peterbos avec ses cinq enfants et sa femme. “Je n’allume plus le chauffage, ça ne sert à rien, il part directement par la fenêtre” explique-t-il en pointant du doigt d’autres problèmes techniques.

Sarah, sa fille de sept ans est souffrante d’asthme chronique, et l’état de son appartement social menace ses poumons. Plusieurs médecins ont déjà fait part de l’impact de l’humidité ambiante et de la mauvaise isolation sur la petite fille. L’école a également signifié un problème socioémotionnel chez les autres enfants, dans lequel l’exiguïté du logement de la famille a joué un rôle. Rien n’y fait, Rachid et sa femme restent néanmoins dans l’attente.

Il y a neuf ans déjà, deux ans après son emménagement, Rachid a introduit une demande de mutation auprès du foyer anderlechtois car l’humidité et la mauvaise isolation lui étaient néfastes. La naissance de Sarah et de ses problèmes aux poumons a accéléré les choses.

© Ennio Cameriere

“Ma fille ne peut plus dormir la chambre avec ses frères, quatre autres personnes qui respirent dans une petite pièce, pour ses poumons, ce n’est pas bon. Alors elle dort dans le divan du salon.” De plus, un nouvel ultimatum s’invite. En juin prochain, des travaux commenceront dans la tour du Peterbos, mettant en danger les poumons de la petite.

Un cas symptomatique de la crise du logement

Alors, à qui la faute ? Difficile pour ce cas particulier de responsabiliser un acteur précis. Lofti Mostefa (PS), président du foyer anderlechtois, explique que son organisme reçoit entre 300 et 400 demandes de mutation par an, 25 familles figurent devant celle de Rachid pour un logement quatre chambres. “On comprend que la famille vive dans un logement peu adapté, mais on ne peut pas faire de passe-droit. La situation sera réexaminée à la lumière de chaque certificat médical remis.”

Le président du foyer anderlechtois estime faire son possible, “mais on fait face à une pénurie de logements à quatre chambres”. Yves Lemmens (PS), directeur de la SLRB estime que cette pénurie n’impacte d’ailleurs pas que la famille ici concernée. “Les crises du logement, de la santé et de l’énergie se cumulent. Et c’est vrai que les personnes fragilisées ont souvent un problème de santé en plus. Le cas est navrant, mais pas isolé.” La politique de construction de nouveaux logements à Bruxelles, notamment au Peterbos, devra y répondre.

Le juge de paix tranchera

Rachid a introduit une plainte auprès du foyer anderlechtois qui l’a jugée fondée mais pas acceptable.

Pour Yves Lemmens, il n’existe donc pas de solution à court terme, “cette personne estime qu’elle a un droit absolu pour passer avant tout le monde”. Les deux organismes assurent avoir respecté la réglementation, Rachid évoque une méprise et assure qu’il méritait une mutation il y a quatre ans. C’est le juge de paix qui tranchera.