Bruxelles Celle-ci devait entrer en vigueur en 2018 mais aucun accord de coopération n’a encore été signé entre Cocom, Cocof et VGC.

Alors que le gouvernement wallon vient juste d’annoncer le renforcement de son parcours d’intégration, Bruxelles semble toujours à la traîne. Censé entrer en vigueur en 2018, le parcours d’intégration obligatoire ne fait toujours pas, à l’heure actuelle, l’objet d’un accord de coopération entre les différentes commissions communautaires de la capitale, à savoir la Cocom, la Cocof et la VGC. Pourtant, l’ordonnance de la Cocom rendant obligatoire le parcours d’intégration pour les primo-arrivants a déjà été adoptée en avril dernier. Cependant, celui-ci ne pourra être rendu opérationnel qu’une fois l’accord, et ses arrêtés relatifs, signés.

Pour le député MR Gaëtan Van Goidsenhoven, il s’agit ici de l’inaboutissement d’une politique fondamentale. "Le scénario sur la mise en place d’un parcours obligatoire est entériné depuis le début, nonobstant l’adoption que je qualifierais de façade de l’ordonnance à la Cocom. Pour reprendre les propos de M. Vervoort (NdlR : le ministre-Président bruxellois PS), ‘je reste persuadé qu’on apprend plus quand on adhère à un parcours que quand on y est contraint’. Que la majorité actuelle prenne son courage à deux mains et qu’elle fasse aveu d’échec sur cette problématique. Nous entamerons alors une réflexion qui s’impose pour le bien de tous. La balade a suffisamment duré !", s’insurge l’élu libéral.

Un retard qui s’explique notamment par des discussions politiques compliquées entre francophones et néerlandophones. La dernière réunion de concertation avec les néerlandophones a d’ailleurs été reportée à… 2018. De plus, la Flandre a annoncé le licenciement de plus de 20 % de son personnel chargé de l’intégration, ce qui pourrait avoir un impact sur Bruxelles.

Autre problème : les bureaux d’accueil pour les primo-arrivants, chargés de mettre en œuvre le parcours d’accueil, disposent de 7.000 places. (4.000 côté francophone et 3.000 côté néerlandophone). Or, selon le Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers), entre 15.000 et 20.000 personnes seront concernées par l’obligation du parcours d’intégration. Si ni la Cocof ni la Flandre ne peuvent dès lors financer de nouvelles places, la Cocom devrait alors ouvrir un ou plusieurs bureaux d’accueil.

Face à cet immobilisme, la ministre Céline Fremault en charge de l’Aide sociale à la Cocom (CDH) propose que cette dernière organise son propre parcours d’intégration bilingue (voir ci-contre).

La Cocom pourrait faire cavalier seul

Selon le cabinet de la ministre Céline Fremault (CDH) chargée de l’Action sociale à la Cocom, la Communauté flamande manquerait de volonté pour faire aboutir le projet. "La ministre commence à s’impatienter face à cet immobilisme. Une nouvelle réunion de travail est prévue début 2018, où la question de la volonté d’aboutir de la Flandre sera clairement exprimée par Bruxelles. À défaut, l’ordonnance votée début d’année permet aussi à la Cocom d’organiser son propre parcours d’intégration bilingue. Si c’est nécessaire, la ministre activera dès lors cette option."