Juste reconnaissance pour le cortège historique qui fait rayonner Bruxelles dans le monde entier.

Cela fait près de 15 ans qu’ils effectuaient ce parcours du combattant de la reconnaissance. Alors une nuit supplémentaire à patienter. Vu le retard pris par le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco dans l’analyse des différents dossiers qui lui étaient soumis mardi à Bogota où se tient sa 14e session, Olivier de Terwagne, pour la SR Ommegang Oppidi Bruxellensis et Isabelle Leroy pour la Région bruxelloise étaient priés d’attendre ce mercredi dès 9h30 (15h30 heure belge) pour la reprise de la séance. Mais l’attente valait le coup puisque ce comité a validé le dossier de l’Ommegang de Bruxelles. On savait les chances du cortège historique très grandes suite au rapport des plus favorables remis par le comité d’experts.

Immédiatement Paul Le Grand, président de l’Ommegang Brussels Event, explosait de joie. "Nous sommes fiers de cette reconnaissance et nous porterons au plus haut les valeurs de l’Unesco et notre histoire. Cela positionne Bruxelles, sa région et le pays comme référence culturelle internationale. On s’engage, comme le demande l’Unesco, à ce que ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, soit recréé en permanence par les communautés et groupes, en fonction de leur milieu et de leur interaction avec leur histoire. Cela leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. Vu que les figurants de l’Ommegang viennent aussi bien du Nord, de Bruxelles et du Sud du pays, notre devise nationale L’Union fait la Force prend ici tout son sens."

Francis Jacques, secrétaire général de l’Ommegang, n’était pas moins heureux et soulagé : "La principale motivation à s’investir durant autant d’années provient de l’émotion que l’on peut ressentir dans le cœur des participants et dans l’enthousiasme de toutes les personnes qui organisent ce bel événement qu’est l’Ommegang de Bruxelles."

Pour le ministre-Président bruxellois, Rudi Vervoort, en ce qui concerne le patrimoine immatériel, "on ne parle pas de folklore mais bien de traditions vivantes. L’intérêt d’une telle reconnaissance pour la communauté qui la porte peut se résumer à mettre en exergue son rôle dans l’histoire de la société et sa participation active à son développement culturel". Et il ajoute : "On peut imaginer que les prochaines éditions de l’Ommegang attireront d’autant plus de spectateurs, mais il s’agit surtout de mobiliser les Bruxellois et Bruxelloises et renforcer le caractère fédérateur de cet événement."

Dont l’apothéose se déroule sur la Grand-Place de Bruxelles, déjà inscrite sur la liste du patrimoine mondial depuis 1998.

Lorsqu’en 1928, l’historien et archiviste de la Ville de Bruxelles, Albert Marinus, réfléchit à un événement pouvant symboliser le pays qui allait fêter son centenaire, il eut l’idée de faire revivre une tradition remontant déjà au Moyen Âge, celle de la procession autour de l’église Notre-Dame du Sablon, au cœur de Bruxelles, et plus particulièrement de prendre l’Ommegang exceptionnel de faste organisé en 1549 pour la présentation par Charles Quint de son fils, l’infant Philippe, le futur Philippe II.

Depuis 1930, chaque année, début juillet (auparavant chaque premier jeudi et le mardi qui précédait, désormais les premiers mercredi et vendredi) le cortège composé de plus de 1 200 figurants quitte l’ancien palais du Coudenberg pour se diriger vers la Grand-Place en passant par l’église et la place du Sablon, en costumes d’époque. Au fil du temps, c’est même tout un festival Carolus Quintus qui s’est développé autour du cortège historique.

Depuis 2005, les responsables de la Société royale de l’Ommegang Oppidi Bruxellensis rêvaient de voir cet événement majeur de la vie bruxelloise inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Refusé une première fois, le dossier a été revu et corrigé, et surtout mieux soutenu, en particulier suite à la sixième réforme de l’État qui a vu la Région bruxelloise reprendre la compétence sur ce dossier. En 2017, l’Ommegang se voyait représenté auprès des instances de l’Unesco. On connaît la suite…