Bruxelles En solidarité avec les mosquées situées en Flandre et en Wallonie, les mosquées de Saint-Josse boycottent le sacrifice du mouton.

Une réunion a eu lieu entre la commune de Saint-Josse et la plateforme regroupant les mosquées de Saint-Josse et ses alentours pour discuter de la Fête du Sacrifice. Ce qu’il en ressort, selon le bourgmestre Emir Kir (PS), c’est le mécontentement unanime de la plateforme face à l’attitude de la Flandre et de la Wallonie, qui auraient interprété de façon trop restrictive la directive européenne en interdisant l’abattage sans étourdissement dans les abattoirs temporaires.

D’ordinaire, les musulmans de Saint-Josse utilisent le site d’abattage de la Ville de Bruxelles pour l’Aïd El Kébir. Mais cette année, le site n’a pas été mis en place par les autorités locales car le Consultatif des Mosquées de la Ville de Bruxelles (CCMB), partenaire et interlocuteur musulman privilégié de la Ville, a décidé de boycotter le sacrifice du mouton.

"Par solidarité avec les mosquées situées en Flandre et en Wallonie, les mosquées de Saint-Josse ont, elles aussi, décidé de mettre en place un boycott. La plateforme propose que l’abattage se fasse dans des pays où cela ne pose pas de problèmes tels que le Maroc, la Turquie, la Palestine, la Syrie…", rapporte Emir Kir.

Consciente que certaines familles tennoodoises de confession musulmane voudront malgré tout procéder au sacrifice en Belgique, une convention a été signée avec la commune d’Anderlecht. "Nous avions un accord de principe pour que les habitants de Saint-Josse puissent utiliser leur abattoir et c’est désormais confirmé", fait savoir le bourgmestre socialiste.

Celui-ci dit comprendre parfaitement le mécontentement des représentants des mosquées. "L’organisation 2015 a été complètement bâclée par certains. Je déplore l’absence de concertation entre régions et, surtout, je déplore l’absence de consultation des communautés musulmanes et juives. Au niveau sanitaire, les problèmes étaient résolus : On n’avait plus de sacrifice à domicile, plus de carcasses dans les rues. Des sacrificateurs ont été formés. Il est vraiment dommage de ne pas les avoir consultés alors que tant d’efforts ont été réalisés !"

Aux yeux d’Emir Kir, l’ampleur du boycott, lancé à l’origine par des citoyens musulmans, démontre que la communauté musulmane n’entend pas se laisser faire. "Il y a de plus en plus de réactions dans le secteur économique, chez les vendeurs de moutons. Pour eux, il y aura un manque à gagner, c’est certain !"

Le maïeur tennoodois lance dès lors un appel aux pouvoirs publics, aux autorités cultuelles et aux associations de défense du bien-être animal pour se mettre autour de la table sitôt que l’Aïd 2015 sera passé afin de préparer au mieux l’année 2016. "Il faut trouver un moyen de concilier les points de vue, de concilier rite et bien-être animal", indique Emir Kir.

Portes ouvertes dans les mosquées

Lors de la réunion avec la commune, la plateforme des mosquées de Saint-Josse a évoqué le contexte très négatif vis-à-vis de la communauté musulmane qui règne en Belgique. "Depuis les attentats de Paris et ceux avortés de Verviers, la communauté musulmane se sent de plus en plus stigmatisée", rapporte le maïeur Emir Kir (PS). Pour lutter contre les préjugés, autorités locales et représentants de la communauté musulmane ont décidé d’organiser, le 19 mars 2016, une journée portes ouvertes dans toutes les mosquées situées sur le territoire de Saint-Josse et dans celles à cheval sur les communes de Saint-Josse et Schaerbeek. "Ce sera une façon de mieux faire connaître cette religion ainsi que son histoire", précise Emir Kir.

Des abattoirs mobiles en 2016 ?

La plateforme des mosquées de Saint-Josse et de ses environs a fait part à la commune de son envie de déjà travailler sur l’organisation de l’édition 2016 de l’Aïd El Kebir."Les mosquées ont pour projet de créer des sites d’abattage mobiles sur le territoire communal à l’occasion de la Fête du Sacrifice. Nous allons étudier ce dossier que nous pourrions porter avec la plateforme. Sur le principe, nous n’avons rien contre", indique le bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir (PS).