Ce vendredi matin, Robert Van Craen patron de la célèbre brasserie sainte-gilloise Verschueren a posé une vidéo sur la page Facebook de la brasserie. En quelques heures, la vidéo a été commentée des dizaines de fois, et partagée des centaines de fois. Tous les internautes ont manifesté leur émoi et leur soutien. "Je ne m'attendais pas à un tel succès, je suis touché, confie le patron de la brasserie du parvis de Saint-Gilles . J'ai fait cette vidéo dans ma cuisine avec mon fils pour mon équipe et ce sont eux qui m'ont poussé à le publier sur Facebook". Devant l'ampleur des réactions, Robert et son équipe ont décidé de créer un financement participatif (le lien vers le crowdfunding sera accessible sur la page Facebook de la brasserie, NDLR).

Dès le début de la vidéo, Robert Van Craen donne le ton : "Je ne me serai jamais imaginé il y a à peine un an être au bord de la faillite". Depuis le 8 octobre, comme tous les établissements de l'horeca bruxellois, la brasserie Verschueren est fermée. "Ma société a beau être bien gérée à un moment on ne sait plus. Je n'ai plus de cash. Aucune société sort indemne de six mois de fermeture. Je m'étais préparé pour rouvrir le 15 décembre. Finalement il faut encore tenir. On parle même de fin mars".

Si Robert Van Craen se met dans la lumière sur les réseaux sociaux et dans les médias, ce n'est pas seulement pour lui mais c'est aussi pour son équipe et les autres brasseries et cafés. "Tout le secteur est en faillite. J'ai des copains qui ne savent pas rouvrir. Des gens vont abandonner. Je me dis que si nous, la brasserie Verschueren, avec notre notoriété, sommes au plus mal, j'imagine la détresse du petit bistrot de quartier".

La crise sanitaire et les restrictions qui en découlent, Robert les comprend mais ce qu'il déplore, c'est le manque de moyens mis sur la table pour aider les commerçants à faire face. "Je passe mon temps dans les dossiers. On vous demande des choses pour vous décourager de les faire. Je frappe à toutes les portes, sans succès. J'ai frappé à celle de mon propriétaire qui est une grosse brasserie belge. Il m'a accordé un mois de loyer sur six mois de fermeture. J'aurais aimé que cette brasserie ait un peu plus d'empathie".

Robert a obtenu, comme d'autres horeca bruxellois, une aide la région de 3000 euros. "C''est déjà ça" mais ce n'est pas suffisant au vu de la situation. Le bistrotier s'est aussi tourné vers sa banque pour profiter d'un crédit de crise qui est une aide accordée par L’État. "mais il faut avoir dix équivalent temps plein pour en bénéficier. J'en ai neuf. Ils ne savent pas m'aider". Le pompon pour ce patron de brasserie, dans la profession depuis 40 ans, est de ne pouvoir vendre ses bières en take-away. "Nous brassons notre propre bière La Triple Verschueren (en vente sur le webshop de la Brasserie de la Senne, NDLR) . Nous avons commencé dès le début du deuxième confinement à la vendre par pack à emporter à la porte de la brasserie. Au bout de deux jours nous avons reçu un courrier qui nous l'a interdit". Le patron regrette également le manque de compassion de la commune à son égard. "Ils nous ont menacé de fermeture au bout de la troisième infraction".