Mina Blue est une chanteuse italienne installée en Belgique depuis 2018. Dimanche en fin d'après-midi, lors d’un concert en rue qu’elle donnait rue de Tabora, la police lui a demandé d’arrêter sa performance. Un riverain avait appelé la police pour se plaindre du bruit. « Je le comprends, mais on aura pu trouver un accord ». Sans autorisation, l’artiste a dû se plier aux consignes des agents, mais pointe du doigt le manque de considération de la commune envers les artistes de rue, et demande qu’une adaptation soit faite.

C’est une femme en colère, non pas seulement contre la situation qu’elle a rencontrée ce dimanche, mais contre un système en particulier. « Nous, les artistes de rue, sommes considérés comme des mendiants alors que nous donnons un réel spectacle ! » L’artiste comprend tout à fait l’intervention de la police et assure n’avoir aucun problème avec les agents, « ils sont même restés écouter quelques chansons avant de me demander d’arrêter, ils ont dit que je jouais très bien ». Le problème pour la chanteuse, c’est le système d’autorisations auquel les artistes sont soumis pour pouvoir jouer dans le centre de Bruxelles.

Dans les faits, les autorisations en question permettent aux artistes de jouer dans l’espace public pendant un mois, à des points définis de la capitale à hauteur de 60 décibels, soit une discussion normale. Problème : en 2021, 22 demandes seulement ont été soumises, dont dix pour la période courant de mi-septembre à mi-octobre, et aucun artiste ne s’est présenté pour venir chercher l’autorisation. « On ne peut pas jouer avec un amplificateur, alors qu’on en a besoin pour jouer. (…) Je ne veux pas suivre un calendrier pour jouer, parce que je veux être sûre de garder mon cerveau jeune ! » Pour l’artiste, c’est l’incompréhension. Elle espère pouvoir offrir son art aux Bruxellois librement dans la rue « comme à Dublin ou en Angleterre », car « la musique rend l’environnement pétillant ».