Le GAMP demande un geste fort de la Cocof pour un meilleur avenir des autistes.

"C’est un scandale ! Le nombre de personnes accueillies n’étant pas atteint, la Cocof se voit obligée de pénaliser la Coupole bruxelloise de l’autisme, un service d’accueil de jour et d’hébergement situé dans la commune de Jette, qui s’adresse à des personnes adultes autistes, avec une perte de subvention de plus de 20 000 euros sur base annuelle. L’arrêté qui devait garantir un meilleur encadrement des personnes lourdement handicapées est toujours dans les limbes de la Cocof, faute de moyens financiers. Il n’y a aucun engagement précis à ce sujet dans l’accord de gouvernement. Au-delà d’une pénalité injuste imposée à la Coupole, des personnes ayant des gros problèmes de comportement risquent bel et bien d’être exclues de leur lieu de vie par manque de moyens et de volonté politique !" dénonce le GAMP.

Or, comme le relève Cinzia Agoni, présidente d’Inforautisme (association de parents active depuis près de 20 ans à Bruxelles), "faute de formations adéquates et de services de stimulation intensive, ces adultes ont été surhandicapés par des mauvaises pratiques. La société a produit un important surhandicap éducatif chez ces personnes pendant des années et continue d’en faire autant auprès des jeunes enfants autistes. Si nous ne mettons pas en place auprès des tout-petits des pratiques recommandées éducatives et comportementales, nous allons nous trouver dans 20 ans avec une population encore plus importante d’adultes gravement handicapés !"

Pour Cinzia Agoni, il faut agir sur deux fronts : l’encadrement des adultes qu’on n’a pas accompagnés convenablement il y a 20 ans et l’éducation intensive des tout-petits pour éviter, justement, ces mêmes dégâts dans les 20 années à venir. Une résolution pour l’accompagnement de l’autisme a été adoptée par le parlement de la Cocof au mois d’avril de cette année. Le nouvel accord de gouvernement bruxellois renvoie la mise en œuvre de cette résolution à la Cocom ! "Autant dire que je suis extrêmement inquiète de l’avenir des mesures qui étaient prévues par cette résolution francophone."

"Si la situation budgétaire est difficile, dépenser correctement les deniers publics est une obligation. Mais voilà que l’on continue à subsidier des services basés sur une vision obsolète de l’autisme et qui n’éduquent pas nos enfants à l’autonomie. L’autisme est une bombe à retardement !", rappelle le GAMP. "Nous demandons aujourd’hui que le gouvernement pose un geste fort et priorise les interventions nécessaires auprès des jeunes enfants et des adultes lourdement atteints."