La vaccination des travailleurs.ses du sexe a commencé à Bruxelles afin de permettre à ce public de reprendre le travail dès le 9 juin dans des conditions sûres. Cette phase de vaccination a été préparée en collaboration étroite avec les associations du secteur, Alias, Bruss'Help, Espace P, Médecins du Monde, Utsopi, qui ont construit un lien unique et de confiance avec les travailleuses et travailleurs du sexe bruxellois(es).

Pour Maxime Maes, coordinateur général d’Utsopi, il s’agit d’un dispositif essentiel : “Les travailleuses du sexe sont fortement exposées aux contacts avec leurs clients, et sont très demandeuses de pouvoir elles aussi être vaccinées. Cela va permettre au secteur de pouvoir reprendre dans les meilleures conditions possibles, avec une prise en considération de leurs réalités.”

"Ce nouveau dispositif de vaccination de proximité vient renforcer l’ensemble des actions déjà mises en place, avec toujours le même objectif de vacciner le plus grand nombre de Bruxellois(es)", ajoute le ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo). Les personnes qui souhaitent se faire vacciner sont invitées à s'inscrire dans l'un des dix centres de vaccination. Toutefois, si une personne en exprime la demande, il est possible de les vacciner dans les locaux d'une des associations de terrain via une équipe mobile de vaccination composée d'un infirmier et d'un médecin coordinateur. Il est important que la vaccination ait lieu dans un endroit où il n’y a pas de jugement, ni de questionnement indiscret.

Laïs, travailleuse du sexe indépendante à Bruxelles raconte : "J'ai décidé de me faire vacciner, pas tant pour moi, mais parce que je pourrais être porteuse asymptomatique, et cela pourrait nuire à certains de mes clients ou mes proches. Une fois vaccinée, je serai plus rassurée à l'idée de recevoir mes clients." Pour Belinda, c'est aussi un soulagement. "Pour moi, c’est vraiment super que les associations s’occupent de la vaccination aussi. Personnellement, j’attends ça depuis un an, c’est le seul endroit où je suis à l’aise pour parler de mon métier."

Ce secteur est l'un des plus impactés par la crise sanitaire. L'arrêt des activités cumulé à d'autres facteurs a renforcé l'extrême précarité des travailleurs et travailleuses du sexe qui n'entrent pas toujours dans le système global de vaccination.