Durant plusieurs semaines, 45 citoyennes et citoyens tirés au sort et 15 parlementaires membres de la commission santé et aide aux personnes se sont réunis de façon hebdomadaire au parlement régional pour entendre des expertes et experts du secteur et pour débattre des solutions structurelles afin de prévenir le phénomène du sans-abrisme et trouver une solution de logement pour les personnes sans toit.

Parmi les recommandations formulées, on retiendra le fait "de créer un cadre réglementaire, pour faciliter l'occupation temporaire de biens immobiliers inoccupés (logement, bureau, terrain et autres)". La commission a ainsi proposé de prélever des taxes sur les bâtiments vides après six mois et de mettre le bâtiment à la disposition d'une agence immobilière sociale (AIS) après 12 mois. Elle a également voté en faveur de la proposition visant à transformer plus rapidement les immeubles de bureaux vacants en logements modulaires permanents ou temporaires.

Les personnes vulnérables en situation d'urgence pourraient également être hébergées dans des hôtels sociaux où elles occuperaient des chambres individuelles et paieraient leur loyer en travaillant un certain nombre d'heures pour l'établissement. Les bâtiments qui ne sont pas exploités durant un certain temps devraient pouvoir être réquisitionnés temporairement.

La commission délibérative soutient aussi la piste d'une flexibilité des normes de confort, de salubrité et d'échéance des contrats d'occupation avec une attention à la sécurité, mais aussi l'ouverture de l'accès aux logements sociaux aux personnes sans-papiers.

Pour éviter le sans-abrisme, elle recommande, entre autres, l'octroi automatique de droits sociaux, le renforcement de l'accès à, ou du maintien de l'emploi, une attention accrue au problème du surendettement, le renforcement des services de médiation de dette et un accès plus aisé aux soins de santé mentale.

D'autres recommandations portent sur les problèmes de toxicomanie, les victimes de violences sexuelles, les jeunes et les personnes âgées sans-abri. La commission délibérative est également partisane de l'attribution de bons alimentaires anonymes aux sans-abri et aux personnes en situation précaire.

En outre, il est recommandé de renforcer les projets dits de "housing first", d'introduire une carte d'identité ou une adresse postale gratuite pour les sans-abri.

La commission délibérative présidée par le socialiste Ibrahim Donmez suggère encore "de promouvoir des structures d'aide et d'accompagnement aux personnes âgées sans-abri" ou de renforcer les structures effectives d'aide à la réinsertion d'anciens détenus.

Elle défend l'option d'une forme de parrainage de la personne sans abri pour faciliter sa réinsertion'"

Le gouvernement et le parlement auront à justifier le suivi des recommandations.

"Les recommandations travaillent principalement sur la prévention du sans-abrisme par le logement et la sortie d'une telle situation à long terme. C'est la co-construction de ces recommandations avec les citoyens et citoyennes qui a permis d'élaborer de grandes orientations pour répondre à ces deux objectifs", a commenté Magali Plovie, députée bruxelloise Ecolo, une des initiatrices des commissions délibératives.

"Cette deuxième édition d'une commission délibérative, sur la question cruciale du logement, vient nous conforter dans l'idée qu'il est très fructueux de mettre la créativité des Bruxelloises et Bruxellois à contribution pour aborder des problématiques qui touchent à la vie de notre Région, aussi complexes soient-elles", a soutenu pour sa part le président du parlement, Rachid Madrane (PS), à l'issue des travaux de la commission délibérative.