D’abord, un point sur la situation. Une proposition de résolution datée d’octobre 2021 portée par quatre députés Défi, Groen et Open-VLD proposant de s’aligner sur les autres régions concernant l’abattage sans étourdissement. Jonathan de Patoul (Défi) qui a notamment porté ce texte, propose de l’interdire, “environ 70 % des Bruxellois souhaitent un étourdissement de l’animal avant qu’il soit abattu”, avance-t-il en se référant à un sondage Ipsos commandé par Gaia ainsi qu’une étude menée par le cabinet du ministre du bien-être animal, Bernard Clerfayt (Défi). La méthode préconisée est celle donc de l’électronarcose. Pratique critiquée, 9 % d’échecs chez les mammifères, et l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments demande son abandon depuis 2004. Le député, vétérinaire de formation, l’admet : “il y a une nécessité d’investir dans de nouvelles techniques, il ne faut pas croire que certaines sont catastrophiques et d’autres très bien”.

Le PS s’oppose d’un seul homme

Au parlement, plusieurs partis, comme Ecolo ou le MR, laissent leurs députés voter en leur âme et conscience là-dessus. “Chacun peut dire ce qu’il a envie de dire, mais, à un moment donné, le point de vue du parti est le point de vue. Je suis peut-être encore de l’ancienne école, mais c’est ma vision des choses”, confiait à nos confrères du Soir Isabelle Emery, vice-présidente du PS bruxellois. Et après quelques mois d’un léger doute, les socialistes lèvent le voile sur leur position, ils voteront contre.

Cela ne me surprend pas. Le PS a toujours refusé d’en discuter, c’est dommage parce que le débat au parlement n’a pas encore eu lieu”, ajoute de Patoul, critiquant les socialistes d’un positionnement différent en Wallonie. “Comme si le bien-être animal était à géométrie variable.”

Vers la fin des abattoirs d’Anderlecht ?

“Si on veut être cohérent jusqu’au bout sur la souffrance animale, il s’agirait d’arrêter de manger de la viande tout court”, sourit le député Marc-Jean Ghyssels (PS). Il pose en revanche la question de l’impact économique sur les abattoirs d’Anderlecht, le seul dans la région. “Je discutais il y a peu avec un ancien chevillard, il me disait qu’un abattoir en ville n’est pas idéal, pour des questions d’implantation, de logistique et de transport.” A Anderlecht, l’abattage sans étourdissement se fait pour 65 % des bovins, 85 % des veaux, 80 % des moutons et 100 % des petites chèvres. L’interdiction d’une telle pratique serait fatale pour l’établissement, mais qui en a conscience et qui amorce déjà d’autres solutions en y organisant des marchés, brocantes et l’iconique Boeremet qui fêtait d’ailleurs ses dix ans ce jeudi.

En 2028, le lieu devra renouveler son certificat d’environnement et son avenir pourrait changer du tout au tout. En attendant, “on doit faire de cet abattoir un abattoir d’excellence, il faut notamment réfléchir à la filière Hallal-bio”, rappelle Jonathan De Patoul. Mais en tant que seul abattoir dans la région, il est soumis à des contrôles plus fréquents, “ce qui représente une certaine garantie pour le consommateur”, conclut Marc-Jean Ghyssels.