Emin Özkara, député PS, dit faire l'objet d'intimidations de la part de plusieurs "camarades bruxellois" dans le cadre du texte sur la transparence des documents, qui ne va pas assez loin selon lui.

Alors que le texte sur la transparence des documents détenus par les autorités publiques sera soumis au vote du Parlement bruxellois ce mardi, la tension est à son comble au sein du groupe PS.

Selon nos informations, la police judiciaire a effectué ce lundi après-midi une descente dans les locaux du groupe PS, et plus particulièrement dans le bureau du député Emin Özkara. "J'ai porté plainte au commissariat central de la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles pour intimidation de la part de certains de mes camarades socialistes", explique Emin Özkara, actuellement en congé maladie et ce jusqu'au 5 mai suite aux multiples tentatives d'intimidations dont il dit faire l'objet. "La police judiciaire est donc descendue sur place pour relever des traces ADN suite au fait que mon bureau ait été vandalisé. Les traces seront emmenées au labo pour analyses."

Pour mémoire, suite à l'affaire du Samusocial le groupe socialiste avait signé au parlement bruxellois un engagement solennel sur la transparence des documents administratifs. Mais selon Emin Özkara, le texte ne va pas assez loin. Il a donc décidé, sans concertation avec son parti, de déposer un amendement visant à supprimer l'exigence de fourniture d'une copie de la carte d'identité lors de la demande d'accès à un document public.

Mais certains députés PS ne sont pas d'accord avec cet amendement, et Emin Özkara dit faire l'objet d'intimidations de la part de "certains camarades socialistes bruxellois depuis le 5 avril" pour qu'il retire son amendement. "Raison pour laquelle le 10 avril dernier, il a déposé une plainte en interne, auprès du Président Elio Di Rupo, suite aux intimidations qu'il a subies de la part de la Fédération bruxelloise du PS pour qu'il ne s'associe pas à la proposition de loi coécrite par Transparencia et cosignée par tous les partis francophones du parlement, sauf le PS", explique Claude Archer, président de Transparencia.

"La nuit du 19 avril, une effraction a été commise dans mon bureau. Un individu a effectué des fouilles en cassant du matériel. J'ai porté plainte en interne au Parlement bruxellois pour que le ou les responsables de cette intrusion soient retrouvés", explique Emin Ozkara. "Et ce lundi midi, j'ai retrouvé une affiche sur la porte de mon bureau avec comme inscription "Représentant Toutou de Transparencia. J'ai donc décidé de porter plainte à la police, qui est descendue sur place. On attend maintenant le résultat des analyses du labo."

L'affiche apposée sur la porte de bureau © DR

"Des accusations surréalistes !"

Caroline Désir, cheffe de groupe PS au parlement bruxellois, confirme que la police judiciaire est bel et bien descendue dans les locaux du PS. "Emin Özkara nous accuse d'avoir fait une effraction dans son bureau. C'est tout simplement surréaliste ! Lorsque j'ai été voir ce qui se passait ce lundi dans l'après-midi, j'ai été accueillie par les présidents de Transparencia et de Cumuleo qui nous ont insultés et bousculés", précise-t-elle. Des accusations battues en brèche par Claude Archer, qui parle de "diffamation".

Sur le fond du dossier, Caroline Désir explique que le texte qui sera soumis au vote du parlement bruxellois ce mardi prévoit que pour qu'un citoyen puisse avoir accès à un document administratif, il devra obligatoirement présenter une copie de sa carte d'identité. "Cette mesure est prévue pour éviter des demandes farfelues de la part de la population, et cela permet d'identifier le demandeur afin d'éviter toute usurpation d'identité", explique-t-elle.