"On ne soignera jamais des gens à coups de sanctions administratives", déplore le député PS Julien Uyttendaele.

L’usage premier du protoxyde d’azote à des fins médicales, dans les bonbonnes de crème chantilly ou d’air sec pour les ordinateurs, est de plus en plus fréquemment détourné par certaines personnes qui en consomment par inhalation, comme gaz hilarant, pour ses effets euphorisants. Ce détournement à des fins festives peut cependant avoir des conséquences graves à court et long termes sur la santé. La consommation de protoxyde d’azote peut notamment exposer les usagers à des risques d’asphyxie et de brûlure, de vomissements, de troubles neurologiques, de pertes de connaissance et de troubles du rythme cardiaque.

Pour le député Julien Uyttendaele (PS), réprimander les consommateurs n’est pas un pas dans le bon sens. "Une nouvelle substance psychoactive apparaît et elle est visible dans nos rues. Il est logique que les responsables communaux réagissent. C’est par exemple parfaitement justifié d’interdire la vente de ces bonbonnes aux mineurs ou d’en limiter la vente à certains magasins spécialisés. Par contre, retomber dans une pure logique prohibitionniste en sanctionnant le consommateur uniquement parce qu’il consomme, c’est oublier l’histoire. La prohibition de l’alcool aux États-Unis a été un échec. La prohibition du cannabis ici en est un également. C’est une question de santé publique. Quand on consomme trop d’alcool ou de sucre, on va voir un médecin. Pourquoi réagir différemment ici ? On ne soignera jamais des gens à coups de sanctions administratives. Par contre, on les stigmatise", explique-t-il.

Le député estime toutefois que des sanctions doivent être prises si la consommation de ce gaz engendre des troubles à l’ordre ou à la salubrité publique. Le règlement doit encore passer devant les conseils communaux et de police pour entrer effectivement en vigueur.