Lancé depuis plusieurs mois maintenant, le plan GoodMove, destiné à améliorer la mobilié au sein de la Région bruxelloise en favorisant la transition vers les moyens de transport doux ou multimodaux, ne susite pas que des réactions favorables. Si les cyclistes peuvent se réjouir de disposer de nouvelles pistes cyclables sécurisées, les avis des automobilistes sont plus contrastés, eux qui doivent désormais partager la chaussée et ont vu disparaître certaines voies désormais réservées aux vélos.

Selon l'organisme de défense des automobilistes Mauto Défense, près de trois personnes à mobilité réduite sur 4 (72,1%) estiment que le plan GoodMove bruxellois complique leur mobilité. L'ASBL Mauto Défense a ainsi sondé 503 personnes via un formulaire en ligne, et 441 formulaires rentrés ont été retenus, satisfaisant aux critères PMR qui avaient été fixés.

"L’enquête publique organisée par Bruxelles-Mobilité pour l’approbation du plan de mobilité « Good Move » a négligé la problématique des personnes à mobilité réduite (PMR), estime Mauto Défense. Or dans la Région plus de 400.000 personnes sont PMR (NDLR : une dénomination qui englobe tant les personnes atteintes d'un handicap que les personnes avec poussettes, les femmes enceintes...) . Aucune question de cette enquête publique ne les concerne explicitement. Aucun critère ne permet d’identifier leurs points de vue dans les réponses aux 12 questions ambigües de l’enquête. Elles placent en porte-à-faux la personne qui doit y répondre, en lui soumettant par exemple deux propositions antinomiques dans la même question. Ce point a d’ailleurs été critiqué en son temps par Inter-Environnement Bruxelles (IEB)."

Selon Mauto Défense, Bruxelles-Mobilité a donc "clairement fait l’impasse sur ces 400.000 personnes et sur leurs retours d’expérience dans les problèmes de mobilité qu’elles rencontrent, en se contentant de plutôt de s’attarder sur des poncifs."

Les résultats du sondage de l'ASBL sont pourtant édifiants : 65,4% des PMR entre 20 et 29 ans se déplacent principalement en voiture. Un chiffre qui passe à 93,8% entre 70 à 79 ans. "72,1% estiment que les mesures déjà appliquées ou en cours d’application du plan « Good Move » ajoutent à leurs problèmes de mobilité au lieu d’y apporter des réponses, ajoute Mauto Défense. Et un peu plus de huit sur dix estiment que les transports publics ne sont pas ou rarement adaptés à leurs problèmes de mobilité vécus. 14,9% seulement déclarent d'ailleurs les utiliser en lieu et place de leur voiture."

Enfin, près de 6 PMR sur 10 (55 %) pensent que le projet de taxe intelligente, qui doit être mis en place à Bruxelles en 2022, est discriminatoire car il n'octroit pas de dérogation aux personnes à mobilité réduite qui ont besoin de leur véhicule pour se déplacer. "Parmi les raisons avancées par les PMR, la question de la proximité d’accès aux lieux où ils doivent se rendre est souvent évoquée. La suppression de places de parking et la limitation de la circulation dans certains quartiers est vu comme des contraintes supplémentaires surtout par les personnes ne disposant pas de la carte de stationnement pour personne handicapée."

L'avis des personnes à mobilité réduite a bien été pris en compte


Pointé du doigt par l’ASBL Mauto Défense pour ne pas avoir pris en compte l’aspect des personnes à mobilité réduite, le cabinet de de la ministre Van den Brandt a-t-il vraiment esquivé leurs réactions ? Pas vraiment.Le Collectif Accessibilité Wallonie-Bruxelles (Cawab) précise ainsi sur son site Internet que “le plan Good Move tient compte des demandes du Cawab”. Le fameux plan prévoit notamment de rendre accessibles aux PMR pas moins de 60 arrêts de la Stib par an (71 l’ont été en 2020) et, depuis 2013, le nombre de places PMR a grimpé de 30 % sur l’ensemble de la Région bruxelloise, passant de 4259 emplacements à 5431 aujourd’hui. Par ailleurs, il ne resterait aujourd’hui plus que cinq stations de métro sur 59 non encore accessibles aux personnes à mobilité réduite. “Ce plan prévoit également d’améliorer la qualité de l’offre de Taxis PMR en l’adaptant aux besoins des usagers existants et potentiels. Ceci répond à une demande soumise depuis longtemps par le Cawab.”

Un Cawab qui dit “se réjouir que le plan Good Move réponde à ses demandes d’améliioration de l’accessibilité. Le plan est ambitieux et donde les bases solides d’une capitale européenne plus accessible.”

Par ailleurs, le Cawab est également représenté au sein de la commission régionale de Mobilité. "Dire que les personnes à mobilité réduite n'ont pas été consultées dans ce plan est factuellement faux, précise une source gouvernementale. Les contacts avec le Cawab et d'autres associations représentatives sont quotidiens."