Un ensemble de bâtiments situés avenue du Bourget à Haren accueillera de manière pérenne un centre d'accueil et d'orientation des personnes transmigrantes, a annoncé jeudi le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS).

Acquis avec l'aide de Citydev, société de développement régionale, le centre situé à proximité de l'OTAN offrira une capacité de 400 lits et accueillera également des services de support, notamment du CPAS de Bruxelles. Depuis plusieurs mois, 447 personnes transmigrantes bénéficient provisoirement d'un hébergement de la Région bruxelloise. Elles sont 327 à être accueillies chaussée de Louvain à Schaerbeek, depuis la fermeture du centre "La Porte d'Ulysse" à Haren, et 120 à être hébergées dans un hôtel depuis la fin mars 2020. Pour des questions de santé publique et vu la situation précaire de ces personnes, cet accueil a été prolongé plusieurs fois.

Le nouveau centre devrait être opérationnel à la fin de 2022. D'ici là, Citydev et le gouvernement bruxellois continueront d'accompagner l'association BXL Refugees. Une subvention lui a ainsi été accordée pour prolonger l'accueil dans un hôtel. Vu l'urgence sanitaire liée à la propagation du coronavirus et les mesures qui ont été prises pour y faire face, les abris ordinaires sont au maximum de leur capacité. L'hébergement d'une partie des transmigrants dans un hôtel ainsi que la fourniture de repas sur place demeure donc nécessaire.

La question de la compétence de cet accueil reste controversée. "Alors que la pandémie perdure, il est évident qu'on se doit d'accueillir les personnes en situation précaire, bien qu'il s'agisse d'une compétence fédérale", a rappelé le ministre-président.

La Région "prend ses responsabilités", a-t-il ajouté, mais dans un cadre intermédiaire "en attendant la création d'un centre d'accueil et d'orientation fédéral". Des pourparlers sont en cours sur le sujet.

La mesure permettra en outre de diminuer les désagréments dans le quartier de la gare du Nord car les personnes transmigrantes ne devront plus improviser des abris de fortune dans cette zone de Bruxelles dont certains bourgmestres dénoncent la situation depuis plusieurs mois.