Barbara Trachte (Ecolo), secrétaire d'Etat en charge de la Transition économique, fait le tour des établissements de l'horeca bruxellois pour prendre leur pouls.

Place Reine Astrid à Jette. Une délégation de la Région Bruxelles-Capitale s'installe à l'une des tables extérieures du café-restaurant Pepermint Park. Leur objectif : prendre le pouls des établissements de l'horeca bruxellois.

Parmi eux, Jonathan Lammens, collaborateur au sein de hub.brussels, l'agence pour l'accompagnement des entreprises bruxelloises, va ,à l'instar de ses collègues de l'équipe de terrain, à la rencontre des établissements de l'horeca de la région depuis jeudi dernier. Lundi, pour sa tournée, il était accompagné de Barbara Trachte, secrétaire d'Etat en charge de la Transition économique et de la recherche scientifique, de Isabelle Grippa, la directrice générale de Hub-brussels et de Benjamin Cadranel, l'administrateur général de Citydev.brussels. "Nous distribuons des flyers avec entre autres les coordonnées du 1819 qui est le service d'informations destiné aux entreprises bruxelloises, indique Jonathan Lammens. Nous leur donnons également des masques et nous écoutons leurs besoins, leurs problèmes. Dans l'ensemble ils sont contents de la reprise mais certains rencontrent des difficultés de surface par exemple." 

Sur la place du Miroir, les cafés bénéficient d'une belle terrasse grâce à la place fraîchement rénovée mais ce n'est pas le cas de tous les établissements de la région.

"Dans les cafés des communes excentrées, l'activité remonte, analyse Isabelle Grippa. Elle atteint quasiment 80% mais dans le centre de Bruxelles-ville la clientèle est essentiellement d'affaire ou touristiques, l'activité a donc plus de mal à reprendre."

Neat Duka, l'un des deux patrons du Pepermint Park confirme : "Ici, place du Miroir, nous avons une bonne base de clientèle avec un flux constant. La reprise se passe bien et on se donne les moyens pour qu'elle se déroule bien. Nous avons une bonne équipe et le service est rapide. Nous avons réussi à payer tous nos retards de paiements auprès du propriétaire et des fournisseurs."

Et de poursuivre sur son autre établissement au Docks Bruxsel : "Le midi c'est essentiellement une clientèle de bureaux et avec le télétravail, nous ressentons une baisse d'activité."

La Région bruxelloise a versé 4000 euros aux 4500 établissements qui l'ont demandé sur un total de 5400 de l'horeca bruxellois. "Les aides de la Région étaient un peu moindres qu'en Flandre et en Wallonie, mais proportionnellement plus importantes si on prend en compte le budget de la Région bruxelloise, précise Barbara Trachte. Nous avons répondu très vite aux demandes. Si on avait pu donner plus, on l'aurait fait. Nous avons également mis en place une cellule d'accompagnement avec des conseils personnalisés pour chaque bistrotier."

© Bauweraerts

Les établissements qui n'ont pas été contraints de fermer ont reçu 2000 euros de la Région. C'est le cas de la Friterie du Miroir à l'autre bout de la place. Sans salle, ni tables pour manger sur place, elle est restée ouverte durant tout le confinement. "Comme dit mon patron, on ne peut pas retirer les frites aux Belges", plaisante Océane Rase, la responsable. Mais autour des friteuses, tout était fermé. "La place était vide, raconte Océane Rase. C'était une ambiance compliquée. Les clients étaient tendus. A partir de 21h, il n'y avait plus personne. Nous avons ressenti une baisse de la fréquentation mais comparé aux autres établissements qui ont fermé, nous n'allons pas nous plaindre."

Masques 100% bruxellois

Les trois Fablab publics de Citydev.brussels ont été très réactifs aux besoins de la population. Durant la crise sanitaire, les makers (les bricoleurs qui fréquentent ces fameux ateliers de confection) ont fabriqué des visières et des blouses pour le personnel soignant puis des masques en tissu mais ils n'étaient pas adaptés aux soignants. "Il faut une petite manipulation pour mettre le masque", explique Benjamin Cadranel, administrateur général de Citydev.brussels. Ces masques n'ont pas de couture. Ils sont donc rapides et peu chers à confectionner. Nous avons signé une convention avec le Hub pour 25 000 masques en tissu en 15 jours". Ces masques sont distribués aux restaurateurs. Pour le Hub "cela permet de basculer sur une production locale, se félicite Isabelle Grippa. Nous sommes autonomes et c'est moins cher qu'un acheminement de masques étrangers."