La grande foule est attendue à la manifestation anti-Sabam organisée ce samedi soir au Heysel.

Ce samedi sera mouvementé du côté du plateau du Heysel, où près de 17.000 personnes s’apprêtent à déferler dans l’avenue du Gros Tilleul, à deux pas de l’Atomium. La raison : une street rave est organisée contre le fonctionnement de la Sabam, la société des auteurs belges, principale référence en matière de droits d’auteurs sur les œuvres musicales.

Des gens de tous horizons danseront dans les rues pour exprimer leur mécontentement par rapport aux pratiques jugées "injustes" et souvent "absurdes" de l’association. Plusieurs fanfares, installations sonores et musiciens déguisés en inspecteurs de droits d’auteur défileront ce samedi à 14h.

"Nous avons uni nos forces avec une vingtaine d’associations pour que le fonctionnement de la Sabam soit repensé", explique Jean Devos (nom d’emprunt), organisateur de l’événement.

Concrètement , le rôle de la Sabam est de vérifier que chaque artiste inscrit dans ses registres reçoit son dû lorsque l’œuvre est utilisée. Elle analyse donc les affiches de soirées, concerts et les programmes de radios afin de répertorier toutes les utilisations de morceaux protégés.

"Il y a plusieurs exemples absurdes. Chaque année, les crèches doivent payer la Sabam car les bébés écoutent aussi la radio ! Ou une station de radio bruxelloise ne peut plus diffuser sa propre antenne dans sa propre cuisine car, même pour cela, il y a des droits à payer !", s’insurge Jean Devos qui déplore la volonté de la Sabam d’amasser toujours plus d’argent sur le dos des petits artistes, alors que son objectif principal est normalement de les protéger.

Jimmy, DJ bruxellois, fustige également le mode de fonctionnement de l’organisation : "Les artistes qui perçoivent le plus d’argent sont ceux diffusés à la radio à longueur de journée. La redistribution d’argent de la Sabam n’est pas équitable, et empêche les jeunes talents de s’exprimer", déplore Jimmy, qui se rendra à la street rave samedi.

Pour les petits artistes, l’inscription à la Sabam est coûteuse et, en fin de compte, rapporte moins qu’elle ne coûte. "C’est comme si un citoyen pauvre devait payer un impôt minimum qui était supérieur au versement reçu par le CPAS", déplore Jean Devos.

Selon les organisateurs de l’événement, la logique très commerciale de la Sabam va à l’encontre de celle du monde socio-culturel. "Nous demandons un débat ouvert avec la Sabam pour mettre un terme au dépouillement des petits artistes et des initiatives non-commerciales, ainsi qu’un débat sur la transparence dans l’organisation", conclut Jean Devos.