La nouvelle fait grand bruit : le tribunal du travail francophone de Bruxelles condamne la Stib à mettre fin à sa politique d’emploi discriminatoire à l'égard des femmes portant un foulard. A l'origine de cette affaire, la discrimination subie par la plaignante en 2015. Elle postule, sans succès, à deux offres d'emploi de la Stib. La société bruxelloise de transports en commun assure ne pas avoir pris la jeune femme car elle ne correspondait pas au profil recherché. La plaignante, elle, estime que c'est son foulard qui pose problème.

Elle porte donc plainte et est rapidement rejointe dans sa procédure par Unia et la Ligue des droits humains. Pour Unia, c'est le principe de neutralité exclusive utilisé par la Stib qui engendre des discriminations basées sur les convictions religieuses et qui doit donc être supprimé. Un point de vue partagé par le tribunal du travail de Bruxelles qui condamne la Stib à ne plus mobiliser ce principe dans sa politique d'emploi.

Assistée par Maître Ibrahim Akrouh et Maître Hajar Lawrizy, la plaignante a ainsi obtenu gain de cause. "De manière inédite, le tribunal a suivi la thèse de la plaignante selon laquelle elle était à la fois victime d’une discrimination directe fondée sur ses convictions religieuses et d’une discrimination indirecte fondée sur son genre", se félicite son avocate sur les réseaux sociaux. 

La Stib devra par ailleurs verser 50 000 euros d'indemnité à la plaignante, soit six mois bruts pour ses candidatures. Pour l'heure, la société de transport indique avoir pris connaissance de la décision du tribunal. "Nous sommes en train de l'analyser pour voir si on va en appel ou pas", précise la porte-parole de la Stib An Van hamme.

Alors que l'avocate de la plaignante estime que la décision du tribunal pourrait désormais faire jurisprudence, rappelons qu'une autre instance régionale bruxelloise a déjà été condamnée pour les mêmes raisons. En 2015, le tribunal du travail a jugé discriminatoire l’interdiction faite par Actiris à son personnel de porter des signes convictionnels dans le cadre du travail. Selon lui, la neutralité porte en effet sur le service rendu et le travail effectué et non sur l’apparence de la personne qui rend ce service et effectue ce travail, donnant ainsi raison aux trois travailleuses ayant porté plainte.