Bruxelles
L'architecte Pierre Lallemand et les commerçants du Haut de la Ville ont détaillé leur projet de réaménagement des boulevards de la Toison d'Or et de Waterloo. La demande de permis d'urbanisme a été déposée la semaine dernière.

Des commerçants et gestionnaires de parkings ravis de la diminution substantielle de places de parkings sur le boulevard de la Toison d'Or et le boulevard de Waterloo, c'est inédit. C'était pourtant le cas, ce midi, lors de la présentation du projet de rénovation en profondeur de l'artère commerçante phare du haut de la ville. "Logique", glisse un commerçant, "Pascal Smet supprimait toutes les places de parking en surface. Ici, le projet en maintient cent sur les 365 actuelles."

Dessiné par le bureau d'architectes Pierre Lallemand & Partners, ce projet coconstruit avec les riverains et les associations de commerçants du quartier se veut bien plus ambitieux que le projet présenté en fin de législature par l'ancien ministre Pascal Smet (SP.A). Notamment par le fait qu'il prévoit la construction d'une vaste agora au centre de l'artère. "Dans notre esprit, cet espace de verre et de bois hébergerait un jardin botanique. Il pourrait accueillir des expositions temporaires, des défilés de mode, des présentations de produits, les étudiants du conservatoire, etc.", détaille l'architecte bruxellois. 



De fait, il ne s'agira pas d'un nouvel espace commercial mais bien un lieu culturel unique à Bruxelles, destiné à porter la vitalité commerciale du quartier et à faire le lien entre les deux artères, plus espacées que les Champs Elysées. "On peut mettre deux ramblas sur ce boulevard", note encore Pierre Lallemand. 

L'objectif premier reste en effet d'upgrader la vitalité commerciale des lieux. "Aujourd'hui, que ces commerces tiennent encore debout tient du miracle", poursuit Pierre Lallemand. "Cet espace n'a jamais été un espace urbain. A l'époque, il y avait l'enceinte de Bruxelles, qui fut remplacée par le boulevard. Notre volonté - et celle des commerçants représentés entre autres par le Belgian Executive Label (les commerces de luxe bruxellois), l'association Touring, la Fédération belge du stationnement, la Chambre de Commerce de Bruxelles, etc., NDLR - est de créer un trait d'union entre ces deux artères mais aussi entre le haut et le bas de la ville, via le parc d'Egmont."

Concrètement, la demande de permis d'urbanisme a été déposée la semaine passée auprès de l'administration de la Ville de Bruxelles. Le projet prévoit deux bandes de circulation de chaque côté de l'agora (max 30 km/h), une piste cyclable unidirectionnelle de chaque côté, une voie de livraisons, la verdurisation du site avec la plantation de cerisiers du Japon et de magnolias, un revêtement de sol non glissant en cas de pluie, des poubelles enfouies et un mobilier urbain homogène. 



Dans le projet dessiné par Pierre Lallemand et son équipe, il n'est nulle part question de coût. "Pour les aménagements au sol, cela ne sera pas plus cher que le projet présenté par le précédent gouvernement bruxellois", explique l'architecte. "En ce qui concerne les ogives, tout est possible : un financement public, privé ou un partenariat public-privé." Certains mécènes étrangers auraient déjà marqué leur intérêt pour la construction et la gestion de l'agora. Des noms ? Trop tôt pour le dire, assurent les porteurs du projet.

Le dossier est désormais entre les mains des pouvoirs publics... A ce stade, personne ne s'est encore exprimé : ni la Ville de Bruxelles ni la commune d'Ixelles - qui n'a reçu aucune information officielle sur ce dossier - ni le gouvernement bruxellois...