En cette rentrée scolaire, il reste seulement 100 à 150 périodes encore à pourvoir sur les 16.000 à prester par semaine, et ce seulement dans des petits cours comptabilisant peu d'heures. En 2018, il manquait plus de 500 périodes sur un nombre total de périodes moindre et ces manques affectaient alors l'enseignement des matières principales. Une période correspond à une heure de cours donnée devant la classe et à 1,16 heure en plus pour le travail nécessaire en marge de celui-ci.

La Ville a commencé en 2014 à éprouver des difficultés pour compléter ses équipes pédagogiques. Elle a déployé en 2018 un plan anti-pénurie, qui porte aujourd'hui ses fruits.

En cette rentrée, Faouzia Hariche se réjouit de voir qu'il ne reste plus à pourvoir que des "remplacements de courte durée (moins de 3 mois) en cours d'année car peu de candidats sont prêts à s'investir pour si peu de temps. Dès octobre, les derniers postes manquants seront pourvus".

Ce bilan positif découle d'un plan large d'actions. Un premier volet de mesures est lié à la promotion des métiers à caractère pédagogique, entre autres auprès des élèves du secondaire.

"On a aussi tenu à faire "bon accueil" aux enseignants qui nous rejoignent, car environ 30% des enseignants quittent la profession endéans les 5 ans au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles", ajoute l'échevine. "On organise un accueil et un accompagnement des nouveaux professeurs". Lors de leur entrée en fonction, tous les futurs enseignants de la Ville bénéficient de 3 journées complètes de formation par l'équipe de l'inspection pédagogique de l'enseignement secondaire, les conseillers pédagogiques et d'autres acteurs de l'instruction publique. "On leur expose les valeurs du projet éducatif de la Ville de Bruxelles et on leur explique quels outils sont à leur disposition", détaille Faouzia Hariche. "Cela participe à développer un esprit d'appartenance à un groupe de valeurs". Les nouveaux professeurs bénéficient par la suite d'un accueil individualisé au sein de leurs établissements par un professeur référent, afin de développer la transmission par les pairs.

Un troisième axe a été développé avec Actiris afin de faciliter des réorientations de carrière. Le projet "Prof demain" permet depuis 3 ans à des chercheurs d'emploi et à des personnes désireuses de changer de carrière de se former en horaires adaptés à la Haute École Francisco Ferrer, tout en faisant des stages dans les écoles de la ville et en ayant une rémunération équivalente à un mi-temps. "On a beaucoup de gens qui viennent du secteur marchand et qui ont envie de donner un autre sens à leur carrière professionnelle", observe l'échevine.

Pour combler le manque d'instituteurs bilingues, les étudiants concernés de la Haute Ecole Francisco Ferrer sont envoyés, depuis l'année académique 2017-2018, à la ErasmusHogeschool pour suivre des cours d'immersion. L'inverse a aussi cours