Bruxelles À l’heure actuelle, le télétravail séduit peu les exécutifs communaux.

Ce soir, la Ville de Bruxelles va adopter un règlement Télétravail. Une première pour la capitale belge qui conclut "une phase test qui s’est avérée concluante", explique-t-on au cabinet de l’échevine en charge du Personnel Faouzia Hariche (PS). Ce règlement s’accompagne bien évidemment d’un cadre précis et ne concerne pas tous les employés.

"Le télétravail doit être compatible avec la fonction et le poste du membre du personnel", poursuit-on au cabinet de l’échevine. Pour en bénéficier, tout membre du personnel doit avoir au mois six mois d’ancienneté. Tandis que "le télétravailleur qui preste un horaire de minimum 30 heures par semaine peut télétravailler maximum un jour (7 h 30) par semaine. Lorsque le membre du personnel preste moins que 30 heures par semaine, il peut télétravailler 2 jours par mois".

Sur le plan du télétravail, Bruxelles fait figure d’exception. "Le télétravail reste embryonnaire dans les communes bruxelloises", analyse ainsi Marc Cools, président de Brulocalis (ex-association de la ville et des communes bruxelloises), par ailleurs convaincu "qu’une partie des tâches effectuées par les agents administratifs des communes peuvent être effectuées en télétravail et que c’est une évolution qui se fera dans les prochaines années".

Certains d’entre elles ont néanmoins déjà franchi le pas. "Uccle a adapté leur règlement de travail pour en inclure la possibilité. D’autres le feront probablement à l’avenir, profitant que toutes les communes doivent revoir leur règlement de travail pour le mettre en concordance avec les arrêtés de la nouvelle charte sociale."

À Schaerbeek, par exemple, la question du télétravail a été abordée mais "elle n’a pas abouti", commente le chef de cabinet du bourgmestre Bernard Clerfayt (Défi). "Cela se pratique probablement dans certains services (peu) qui peuvent éventuellement permettre à leurs travailleurs de travailler à l’extérieur, mais c’est assez rare et non organisé."

A l'administration régionale (SPRB), 44 % du personnel du SPRB télétravaille.

Le Service public régional de Bruxelles s’est lancé dans le télétravail voici sept ans déjà et l’arrivée de son nouveau secrétaire général Christian Lamouline (CDH). Depuis, le télétravail est devenu une habitude pour les 1 500 fonctionnaires régionaux. Aujourd’hui, 44 % d’entre eux télétravaillent. L’an passé, la proportion n’était que de 36 %.

"Il existe une vraie demande de la part des employés", commente Christian Lamouline qui rappelle la genèse du système. "Il y a sept ans, nous avons identifié une liste de fonctions inadaptées au télétravail. C’était une toute petite minorité telles que l’accueil, la cafétéria, les huissiers, etc. Aujourd’hui, une grande partie de notre personnel peut travailler de chez lui un, deux voire trois jours par semaine. Cela fait sept ans que le système existe et cela fonctionne bien. L’expérience est vraiment positive"

Pourquoi ? "Cette mesure permet aux agents de les responsabiliser. Elle instaure un autre rapport entre l’employé et sa hiérarchie. Nous avons supprimé le pointage. Les employés ont des objectifs. Le seul but pour l’employé est d’atteindre ses objectifs. Cela renforce l’idée d’un travail par objectif plutôt que par prestation ou présentéisme", analyse Christian Lamouline.

Autre avantage indéniable : cela évite de nombreux déplacements, "même si plus de 80% de nos employés viennent en transport en commun".