Sur les six zones de police bruxelloises, celle qui couvre Molenbeek possède seulement 3,23 agents pour 1.000 habitants.

La zone de police Bruxelles-Ouest est celle qui compte le moins d’agents opérationnels pour 1.000 habitants en Région bruxelloise. La zone qui couvre les communes de Jette, Berchem, Ganshoren, Koekelberg et Molenbeek, soit près de 215.000 personnes, présente ainsi le ratio de 3,23 agents opérationnels pour 1.000 habitants. Un chiffre très faible au regard d’autres zones bruxelloises, et particulièrement celle de Bruxelles-Capitale-Ixelles, qui bénéficie, elle, de 8,29 policiers par 1.000 habitants. Une proportion qui peut donc plus que doubler d’une zone à l’autre.

Ces chiffres interpellants, qui ont été fournis par l’Observatoire bruxellois pour la Prévention et la Sécurité en 2014, ne sont pas nouveaux, mais ils ne manquent pas d’interpeller au regard des derniers événements récents. La police de Molenbeek est donc celle qui a le moins de policiers par habitants. C’est un paradoxe que la députée régionale Annemie Maes (Ecolo-Groen) a rappelé ce vendredi matin, lors de la séance plénière du Parlement bruxellois consacrée aux questions de sécurité. "Je ne trouve pas cela normal et j’espère que la Région et le ministre-président Rudi Vervoort (PS) vont faire un geste", a notamment insisté l’élue néerlandophone.

S‘il ne semble pas normal que les moyens financiers de la zone Bruxelles-Ouest, qui se trouve particulièrement confrontée à des problèmes de sécurité, soient les plus faibles de la Région, la situation peut néanmoins s’expliquer. "Ce sont les communes qui financent en grande partie leur zone de police. Or sur cette zone, à l’exception de Koekelberg, les autres communes sont sous plan d’assainissement. Il n’y a pas d’argent. On avait déjà un déficit financier lorsque la zone de police a été créée en 2002, et la situation ne s’est sûrement pas améliorée puisque, depuis lors, la population a grandi de 27 %", explique Johan De Becker, le chef de corps de la zone. "Pourtant, si on est en sous-effectif, j’insiste sur le fait qu’on fait un excellent travail. On réalise ainsi 60.000 interventions par an, on rédige 17.000 procès-verbaux, et il y a 3.000 arrestations de personnes, dont 900 ont été déférées au parquet. On est ainsi le 2e fournisseur du Parquet de Bruxelles en terme de personnes arrêtées !", insiste le commissaire divisionnaire de police. La situation en terme d’effectifs aurait été pire, précise-t-il, s’il n’avait reçu 46 nouveaux agents grâce à une décision de Joëlle Milquet, la ministre de l’Intérieur de l’époque. "C’était après la mort du superviseur de la Stib", explique-t-il.

Après la zone de police Bruxelles Ouest, ce sont celles de Montgomery (Etterbeek, Woluwe-Saint-Lambert et Woluwe-Saint-Pierre) et Marlow (Uccle, Watermael-Boitsfort et Auderghem) qui sont les moins bien loties, avec respectivement 3,26 et 3,34 policiers par 1.000 habitants.

Des chiffres trompeurs car la zone Midi (Anderlecht, Saint-Gilles et de Forest), qui dispose à peine d’un ratio plus élevé (3,45/1.000) doit faire face à davantage de défis sécuritaires. Outre de nombreux quartiers précarisés, la zone compte en effet également de nombreux lieux de culte juifs, la gare du Midi, ou encore les prisons de Saint-Gilles et Forest. Or quand une grève éclate dans la prison, ce sont les policiers locaux qui sont réquisitionnés.

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"Que la Région fasse un geste !"

Réaction d'Annemie Maes, députée bruxelloise (Ecolo-Groen).

"Je souhaiterais que la Région fasse un geste en faveur de la zone de police Bruxelles-Ouest. On ne m’a pas dit non mais j’ai dit qu’il fallait rapidement prendre une décision, car on arrive à l’heure du budget pour les communes. Il y a aussi trois millions d’euros donnés actuellement à la Stib par Pascal Smet ( NDLR : le ministre bruxellois de la Mobilité) pour payer du personnel. Je pense qu’il est possible que cet argent vienne plutôt renforcer les zones de police. Il faut un plan pour arrêter que certaines parties de la zone soient des chancres urbains, et puis il ne faut pas l’oublier que les stations de métro Osseghem, Beekkant et Gare de l’Ouest se trouvent sur cette zone ! Il faut aussi repenser la manière dont fonctionnent les zones de police entre elles. On franchit aujourd’hui une rue et on est déjà dans une autre zone. C’est ridicule et les criminels le savent aussi !".