Bruxelles L’École européenne IV va se séparer de 25 professeurs engagés localement pour embaucher des profs détachés… gratuits !

Ils étaient environ 200 élèves ce mardi matin dans la cour de l’École européenne IV de Laeken à se mobiliser en faveur de leurs professeurs. Il y a une dizaine de jours, ils ont en effet appris le licenciement à venir d’au moins 25 de leurs enseignants.

Chargés de cours engagés localement, ces derniers devront laisser leur place à des professeurs détachés, envoyés par les États membres de l’Union européenne. "Si un État membre envoie un professeur dans une école européenne, celle-ci est obligée de mettre fin au contrat avec l’enseignant engagé localement", précise le directeur Manuel Bodroy.

Ces explications ne conviennent pas aux syndicats chrétiens flamands LBC-NVK et COV et francophone CNE-GNC. Selon eux, 29 professeurs pourraient être remerciés le 31 août prochain. Ils regrettent notamment le manque de dialogue social et pointent une décision motivée par des considérations budgétaires.

Un professeur détaché coûte en effet moins cher à l’école puisqu’il est payé par les États, au contraire d’un chargé de cours engagé localement. "Ils font ça juste pour l’argent, c’est honteux", déplorent de leur côté les élèves. "Mon prof d’anglais sera viré, c’est pour lui que je manifeste aujourd’hui."

Le directeur entend gérer l’aspect émotionnel de la nouvelle "car nous savons que les élèves apprécient beaucoup leurs professeurs. Nous avons informé ces derniers le plus rapidement possible afin qu’ils puissent trouver une alternative".

Mais les élèves refusent de réduire leur action à une réaction émotionnelle : "Les profs qui arriveront l’année prochaine sont moins compétents que ceux qu’on a maintenant. Ceux qui donneront anglais ne sont pas anglophones. Ça n’a pas de sens."

Après la manifestation du matin, beaucoup d’élèves ne sont pas revenus à l’école l’après-midi. "Un professeur s’est retrouvé en classe avec seulement 5 élèves sur 25."

À 12 h 30, ils n’étaient plus qu’une quarantaine à montrer leur mécontentement sous le préau de la cour. Ils se disent toutefois prêts à recommencer une action. De leur côté, certains professeurs concernés ont déposé un recours devant la Chambre des Recours.