"Gerbaud, le chocolat qui rend beau." Ce slogan vous dit quelque chose ? C'est celui du chocolatier bruxellois Laurent Gerbaud. "C'est parti d'une blague avec des copains il y a 25 ou 30 ans. Vu la qualité des produits qu'on utilise, on peut se permettre de jouer sur la communication", explique-t-il, un sourire aux lèvres.

La qualité de ses produits, des fèves de cacao exclusives de Madagascar, du Pérou et d’Equateur, c'est notamment ce qui a poussé le guide jaune à désigner Laurent Gerbaud chocolatier de l'année pour Bruxelles. "C'est super chouette, après l'ouverture de ma deuxième boutique, je ne reçois que des bonnes nouvelles en ce moment ! C'est une fierté, surtout vu la période que nous traversons et ça récompense vingt ans de travail avec mon équipe et des super matières premières."

Au départ, ce sont pourtant des études d'histoire qu'il poursuit à l'ULB. "Je suivais des cours de chocolaterie le soir au Ceria, à Anderlecht mais c'était pour m'amuser, il n'y avait aucun but professionnel." Petit à petit, le travail du chocolat se transforme en véritable hobby puis Laurent Gerbaud se lance en tant qu'indépendant avant de créer sa société. "Ca a été un processus très lent, je n'ai jamais cherché à ouvrir plein de boutiques ou à faire de l'export à gogo."

"J'ai l'impression de revivre ce qu'on a vécu au moment des attentats"

Dans la galerie Ravenstein, son magasin fonctionne bien, jusqu'à ce que le Covid-19 pousse la Belgique au confinement. "Ca a été très dur car tous nos stocks pour Pâques étaient faits. Toute l'équipe a été mise en chômage technique." Heureusement, le chocolatier collabore avec Home Gourmet, la plateforme de vente en ligne de produits artisanaux belges. "J'ai toujours valorisé l'expérience en boutique, le fait de pouvoir aussi manger avec les yeux mais Home Gourmet, ça reste du local." 

Samedi dernier, le chocolatier bruxellois a ouvert une seconde boutique à Uccle, 1253 chaussée de Waterloo. Toujours pas de volonté de grande expansion derrière ce projet, mais bien les conséquences de la crise sanitaire.

"Je n'aurai jamais pensé sortir de la galerie Ravenstein mais on a quasi plus de touristes et la clientèle locale a quasiment disparu. Le centre-ville est complètement déserté, j'ai l'impression de revivre ce qu'on a vécu au moment des attentats, déplore Laurent Gerbaud. C'est dommage parce qu'en 2019, on a super bien travaillé. C'est d'ailleurs grâce aux bénéfices de 2019 que j'ai eu assez de ressources pour ouvrir cette nouvelle enseigne."

Situé à Vivier d’Oie, le magasin est ouvert tous les jours sauf le lundi. "L'ouverture s'est super bien passée, les clients étaient très gentils et j'en ai retrouvé certains qui fréquente le marche de Boitsfort, où j'ai un stand." Avec ce titre de meilleur chocolatier, de nouveaux clients ne devraient pas tarder à arriver.