Des tables rondes, nappées et décorées, des chaises revêtues d'un tissu blanc, des verres à pied étincelants suspendus derrière le bar et une scène encadrée par de lourds rideaux rouge carmin. La salle du restaurant spectacle Le Basilic semble encore prête à recevoir des spectateurs et des artistes. Pourtant ce n'est pas le cas. "La salle restera vide", lâche Daniel Verhoeft, le patron.

Ce jeudi, suite à la crise sanitaire, le restaurateur bruxellois dépose le bilan au ministère des finances. "C'est un dossier très épais qu'on envoie numériquement". Le Basilic qui se situe sous la Basilique de Koekelberg a des allures de cabaret. Le lieu a vu son activité, pourtant florissante, stopper net le vendredi 13 mars, trois jours avant le confinement. "On avait un spectacle l'après-midi mais aussi le soir, se rappelle Daniel Verhoeft. On a pris la décision de ne pas maintenir celui du soir". Malgré ses 72 ans, sa décision de fermer définitivement ne se fait pas gaîté de cœur. "Je n'avais aucunement l'intention de m'arrêter, confie-t-il. 2019 avait été une belle année avec plus de 400 000 euros de chiffres d'affaires. 2020 était pleine de promesses. Nous avions plein de réservations. C'était complet en avril".

Les principaux clients du Basilic étaient des de touristes de France, de Flandre et de Hollande. Principalement issus des voyages organisés pour personnes âgées. Ils venaient en groupe pour visiter Bruxelles et Bruges et faisaient une escale musicale au Basilic. "Nous organisions des spectacles de sosies tous les vendredis et samedis soirs, raconte Daniel Verhoeft, gérant du Basilic depuis 2014. C'était un vrai bonheur. Je présentais les spectacles sur scène, j'étais comme un acteur. Mon meilleur souvenir restera la venue du sosie de Jacques Brel. Aussi bien physiquement que vocalement. Il a galvanisé le public".

Et de poursuivre "Je suis très déçu de fermer mais nous n'avons pas le choix. Nous sommes une salle de spectacle fermée, sans fenêtre. Nous ne pouvons pas accueillir suffisamment de personnes pour que cela soit rentable". Pour ne rien arranger, les touristes ont déserté Bruxelles. "Le gouvernement a dit que le monde de la nuit pourrait éventuellement redémarrer en avril 2021 mais nous ne pouvons pas attendre jusque là". De plus, la basilique demande 14 000 euros de loyers. "C'est vrai qu'ils ne nous ont pas aidé". Pour l'instant aucune reprise n'est envisagée pour ce lieu insolite.