Bruxelles La Ville de Bruxelles promet de faire la clarté sur les événements de samedi.

Ceci n’est pas une crise assurent de concert écologistes et socialistes à la sortie de leur réunion destinée à tirer au clair les interventions musclées des policiers, samedi dernier lors de la manifestation non-autorisée du collectif Extinction Rebellion. Ce n’est pas la première fois que les deux partis forts de la Ville de Bruxelles s’écharpent. Mais d’ordinaire, c’est en coulisses. Ici, les images de violence policière ont fait le tour de la planète.

Dans ce cas-ci, Ecolo joue sa crédibilité. Accepter la répression de la police envers une manifestation pro climat, certes non autorisée mais pacifique, sa parole ne serait plus audible… C’est la crédibilité de la Ville de Bruxelles qui est surtout en jeu !, rétorque le Premier échevin bruxellois Benoît Hellings qui estime qu’en terme d’image, ce qui s’est passé dimanche est juste catastrophique. "Ce qui s’est passé dimanche est grave. Cela m’interpelle et me révolte. Il est inadmissible d’utiliser du spray au poivre à bout portant sur des manifestants pacifiques. Mais nous avons tous (sous-entendu Philippe Close aussi, NDLR) pris la mesure de ce qui s’est passé", commente l’Ecolo.

"Notre objectif commun est de comprendre pourquoi cela s’est passé comme ça. Pourquoi et dans quel cadre la police a fait usage de spray au poivre et de matraques. Leur utilisation est encadrée par la loi (lire ci-dessous, NDLR) ." Pour Benoît Hellings, l’arrestation des manifestants était totalement justifiée car ils se trouvaient dans la zone neutre. "Cela vaut pour tout le monde ; les fascistes, les syndicats, les pro climat, etc. Là n’est pas le problème. Mais cela ne justifie en rien le recours aux méthodes extrêmes telles que le spray au poivre ou les coups de matraque."

Défi aussi veut la clarté. "Les images de cette manifestation nécessitent que toute la lumière soit faite", commente de son côté Fabian Maingain qui rappelle que "la Loi est la Loi et elle s’applique à tout le monde. Toute opinion se vaut d’être écoutée si elle s’exprime dans un cadre pacifique, organisé et respectant la liberté d’expression".

C’est donc sur la méthode utilisée par la police pour faire évacuer la manifestation que portera le rapport demandé par le chef de la police - et bourgmestre bruxellois - Philippe Close (PS). Ce rapport sera communiqué aux membres de la majorité dans la semaine. Et fera très certainement l’objet de multiples questions lors du conseil communal de lundi prochain.

Philippe Close, par la voix de sa porte-parole, a quant à lui rappelé que le dispositif d’une manifestation n’était jamais évalué sur son contenu. "Le bourgmestre est neutre et il décide sur base d’une analyse de risques pour les citoyens, la ville et la police". Il a précisé que la présence des manifestants "a été tolérée pendant six heures, jusqu’à ce qu’ils commencent à bloquer le passage des trams. La décision d’évacuation de la place a été prise par le bourgmestre parce qu’ils refusaient de libérer les voies comme la police le leur avait demandé à plusieurs reprises".

Par ailleurs, Philippe Close rencontrera une délégation d’Extinction Rebellion ce mardi matin, à leur demande. L’idée : négocier un parcours afin que leur prochaine action n’aboutisse pas sur le fiasco de dimanche dernier.

Sur cette photo, on a tous cru que le policier gazait le manifestant déjà menotté et à terre. Eh bien non ! Il lui applique un spray destiné à calmer les irritations dues, il est vrai, au spray au poivre.

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