Le café poussette Haricot Magique est une belle histoire qui aimerait continuer. Installé temporairement dans l'ancienne caserne de gendarmerie See U de Ixelles, le café poussette risque de disparaître. 
Pour deux raisons. La première est le besoin d'un lieu dédié. L'occupation temporaire (concept de See U) prend fin en juin 2021. A partir de cette date, le café poussette n'aura plus de local où accueillir les parents et leurs enfants. 
L'autre raison est que pour le moment l'ASBL n'est pas viable. Rachida Bouganzir, scientifique de formation, gère le café poussette dans le cadre d'un incubateur d'activités. " Je suis demandeuse d'emploi en test d'activité jusqu'au 2 février, précise Rachida Bouganzir. Quand le test se termine, je dois soit lancer mon activité, soit revenir sur le marché du travail".
La responsable du café a donc jusqu'à cette date pour rendre viable l'ASBL Haricot magique. Pour le moment ce n'est pas le cas, le café poussette fonctionne avec une équipe de bénévoles. Les seuls revenus proviennent de l'activité horeca (NDLR: à l'arrêt pour cause Covid) et ils paient les charges et le loyer.
Concrètement le café poussette est un espace "d'abord pensé pour les parents", indique Sophie Mustin, psychologue bénévole du Haricot magique. "Notre objectif, est le soutien à la parentalité. On propose des groupes de paroles pour les parents ou de l'éveil musical pour les enfants. C'est un lieu réconfortant où les familles peuvent se retrouver et créer du lien. C'est essentiel sur tout dans cette période d'isolement".
Le Haricot magique a donc besoin d'un chouette local et de subsides pour payer ses salariés et le fonctionnement de l'ASBL. Le café poussette frappe aux portes de toutes les communes bruxelloises en espérant que l'une d'entre elles acceptera de les accueillir sur leur territoire.
A l'origine, le café poussette est né en 2012 à Schaerbeek. "J'étais jeune maman et je ne trouvais pas d'endroit où mon bébé, ma poussette et moi étions acceptés. Puis j'ai trouvé le Haricot magique". Lorsque le couple fondateur du lieu décide d'arrêter l'activité en 2018, Rachida, licenciée par l'institut en neurosciences dans lequel elle travaillait, récupère le fond de commerce. "Sinon ça allait s'arrêter".
Aujourd'hui, c'est la même envie de sauver ce lieu exceptionnel qui animent Rachida et son équipe. "Les gens viennent de partout dans Bruxelles mais également de Flandre et du Brabant-Wallon, raconte Rachida . Du mercredi au vendredi il y a environ une cinquantaine de personnes mais le week-end, ce sont 60 à 80 familles qui se rendent dans le café poussette. On est obligé de faire un système de réservations et de refuser du monde. Il n'y a pas assez de lieux comme celui-ci à Bruxelles Le soutien à la parentalité est une des lacunes bruxelloises".