Les humanistes demandent au gouvernement de lancer une étude afin d'analyser l’instauration de la gratuité sur l’ensemble du réseau.

Les maux liés au trafic automobile en ville ne sont plus à démontrer : embouteillages, perte de compétitivité, pollution atmosphérique, émission de gaz à effet de serre, problèmes de stationnement, etc. Les solutions face à ce problème sont multiples, mais l’une des solutions les plus évidentes consiste à augmenter l’usage des transports en commun.

C’est dans ce cadre que s’inscrit la proposition de résolution déposée par le groupe CDH au parlement bruxellois. Le parti humaniste demande ainsi au gouvernement bruxellois de lancer une étude transversale visant à analyser de manière objective les coûts et les bénéfices, directs et indirects, de l’instauration de la gratuité sur le réseau de la Stib et permettant in fine de juger de la meilleure manière d’accorder le libre-parcours sur le territoire de la Région bruxelloise à l’ensemble des usagers de la société de transports publics bruxellois.

"L’idée de lancer une étude n’est pas de trancher la question de la gratuité, mais de l’objectiver en identifiant de manière précise les coûts mais aussi les bénéfices d’une telle démarche, bien sûr financiers mais aussi en termes environnementaux, d’attractivité économique, de promotion touristique, de baisse potentielle du trafic automobile, de santé pour les riverains, de qualité de vie améliorée", explique Benoît Cerexhe, chef de groupe CDH au parlement bruxellois.

"On peut également estimer que la diminution du trafic automobile dans Bruxelles réduira, sauf changement de tarifs à venir, les recettes dégagées par les communes en matière de politique de stationnement. Une partie de ces moindres recettes peut être récupérée par une meilleure occupation et rentabilisation des parkings de dissuasion/persuasion existants et à venir. D’un autre côté, la situation actuelle de congestion du trafic génère des coûts plus ou moins importants qu’il est possible de réduire, voire faire disparaître. Ainsi, le cabinet du ministre fédéral de l’Économie a évalué, fin 2017, que la facture des embouteillages à Bruxelles s’élevait à plus de 100 millions d’euros par an", précise Benoît Cerexhe, selon qui l’idée de rendre gratuit l’ensemble du réseau Stib n’est pas utopiste.

De plus, cette mesure présente, selon lui, des bénéfices non négligeables en matière de santé. "La pollution aux particules fines génère des problèmes importants de santé et cause chaque année la mort prématurée de plus 400 000 personnes dans les pays de l’Union européenne et près de 500 000 en Europe. En Belgique, 8 340 personnes meurent prématurément chaque année en raison de la pollution aux particules fines et 1 870 à cause de la pollution au dioxyde d’azote (NO2). Les grands centres urbains, comme Bruxelles, sont les plus touchés", conclut Benoît Cerexhe.