Nicolas Arvanitis, le patron du restaurant Le Quartier Latin, à Ixelles, a sauvé la vie d'un client lundi soir. Il était derrière son bar quand il a aperçu de l'agitation à une table de trois convives. "Je voyais que le client gigotait bizarrement, puis j'ai vu qu'il changeait de couleur. Il n'avait plus d'oxygène." Les deux personnes à table avec lui semblaient impuissantes face au malaise de leur ami. Les tapes dans le dos étaient inefficaces. "Alors je suis arrivé, j'ai tenté de l'attraper par-derrière pour le relever mais il était très lourd et, surtout, comme un poids mort. Alors j'ai tiré à deux reprises pour faire sortir ce qu'il avait dans la gorge."

Sans formation aux premiers secours Nicolas Arvanitis a en réalité procédé à la manoeuvre de Heimlich : un geste de premier secours qui consiste à exercer une pression abdominale afin de libérer les voies aériennes. Résultat : deux énormes morceaux de filet mignon éjectés. Et une vie sauvée ! "Il n'avait pas assez mâché sa viande. Les morceaux faisaient au moins 3 centimètres sur 2."

Le client a ensuite bu un verre d'eau, pris un peu l'air puis "il m'a pris dans ses bras et m'a dit : "Grâce à toi, je pourrais voir le jour demain !" Ce n'est pas la première fois que ce jeune quinquagénaire sauve une vie. "Il y a longtemps lorsque je travaillais dans un restaurant sur la Grand-Place, un client qui mangeait des côtes à l'os avait avalé des bouts d'os. Ils étaient coincés dans sa gorge. Là, j'ai carrément dû mettre mes deux doigts dans sa bouche pour le sauver."

Deux vies sauvées ! On est dans de l'héroïsme pur là ? "Absolument pas. Je ne suis pas un héros. Dans ce genre de situation, on ne réfléchit pas. C'est instinctif. Il faut agir même si c'est quand même un peu flippant. J'ai dû garder mon sang-froid. Et j'ai réussi."

© JC GUILLAUME