La loi prévoit que les hôpitaux du pays se regroupent en réseaux hospitaliers, dit "réseaux loco-régionaux". Ceux-ci détermineront la stratégie médicale et l'organisation de l'offre de soins pour un bassin de population donné. La plupart des hôpitaux du pays ont engagé leur processus de concertation pour être prêts pour l'échéance fixée de janvier 2020 et soumettre leur projet aux autorités.

Le conseil médical de l'Hôpital Saint-Pierre affirme qu'en ce qui concerne les hôpitaux de la Ville de Bruxelles, "aucune concertation n'a été organisée sur ce sujet, accaparé exclusivement par le pouvoir politique". Les autorités politiques de Bruxelles ont soumis en novembre dernier, aux conseils médicaux leur projet de création d'un réseau loco-régional associant les hôpitaux publics de la Ville, Saint-Pierre et Brugmann à Bordet, Erasme et l'HUDERF quant à déjà réunis au sein d'un groupement hospitalier. Selon le conseil médical de Saint-Pierre, il a été "massivement rejeté par les conseils médicaux du CHU Saint-Pierre et du CHU Brugmann".

Mais toujours d'après celui-ci, malgré ce refus clair d'un projet "qui n'avait rien de médical, où le patient n'est même pas cité, où l'on ne parle d'aucune de nos valeurs et encore moins du service public, nos autorités se sont obstinées et veulent aujourd'hui faire passer leur projet en force dans les Conseils d'Administration des hôpitaux".

Dans un communiqué, les médecins du conseil médical de Saint-Pierre disent avoir les plus grandes inquiétudes quant à l'avenir des hôpitaux publics bruxellois, déjà sous-financés, et que l'on veut regrouper puis fusionner dans des ASBL de droit privé.

"En vertu d'accords politiques, on veut nous forcer à nous associer avec des hôpitaux en très mauvaise situation financière en nous refusant l'accès à leurs comptes, dans la plus élémentaire transparence. Nous ne voulons pas de ce réseau qui mène tout droit au désinvestissement dans nos hôpitaux et à leur dilution dans une gestion privée. Nous demandons d'urgence l'ouverture d'une vraie négociation avec les médecins pour former un réseau hospitalier qui portent les valeurs de la médecine publique en région Bruxelloise" ont-ils insisté, n'écartant pas la possibilité de recourir des actions, voire à la grève au finish, si les décideurs politiques "ne nous écoutent pas".