Bruxelles

La fouille mouvementée d’une Belge convertie a presque tourné à l’émeute. Le commissariat de la rue du Facteur a été encerclé

MOLENBEEK Update: 11h35 - Deux personnes (1 mineur et 1 majeur) ont été mises à disposition du Parquet de Bruxelles. Ils ont été identifiés par des policiers comme porteurs de pavés hier soir.

La "dame au Niqab" s'est plainte de douleurs à la tête et a été transportée à l'hôpital pour des contrôles approfondis.

Deux procès verbaux ont été dressés à son encontre: le premier pour infraction au règlement général de police et le second pour rébéllion.

Elle est à présent relaxée mais doit encore être entendue par la zone de police Ouest.

Rappel des faits:
Hier soir, les policiers se sont heurtés à la colère d’une foule d’une centaine de riverains encerclant le commissariat de la rue du Facteur. Des échauffourées qui ont pris leur source bien plus tôt dans la journée, lors d’un contrôle à un arrêt de tram, chaussée de Gand. Vers 11 h donc, les policiers ont demandé à une dame portant le niqab de s’identifier, ce qu’elle a refusé. Emmenée en voiture vers le commissariat de la rue du Facteur, cette dernière a tenté de porter un coup de tête à une policière, qui a pu éviter l’attaque.

Ensuite, une fois arrivée au poste, la jeune femme contrôlée a refusé d’enlever son niqab. Un P-V a été dressé suite à ce refus d’obtempérer. Prévenu de l’affaire, le parquet a autorisé la fouille de cette Belge convertie d’environ 25 ans, par deux policières, qui se sont exécutées… ou du moins ont essayé.

Car la jeune femme, déjà connue pour avoir fait l’objet de multiples contrôles, s’est montrée très agressive et a porté un coup de tête à une des policières, lui cassant le nez. Elle a également perdu deux dents. D’autres coups ont été portés à une autre inspectrice. Leurs deux collègues masculins ne sont alors intervenus. La femme en niqab, à un moment, a été emmenée à l’hôpital. Elle souffrirait d’une légère commotion cérébrale.

Suite à ces faits, un appel à l’émeute et un rendez-vous a été fixé, via SMS, vers 19 h, devant le commissariat de la rue du Facteur. Le mari de la dame en niqab est venu déposer plainte au commissariat encerclé par une foule de plus en plus tendue composée notamment de jeunes venant du quartier maritime, obligeant les policiers à se former en barrage anti-émeute.

“Ils l’ont pris de force dans leur voiture”, témoignait hier la cousine de jeune femme contrôlée, “ils ont dit au commissariat qu’ici, c’était pire que Guantanamo. Ils lui ont coupé son habit, se sont assis sur ses fesses et lui ont tiré les cheveux !”

Vers 21 h 30, la tension était telle qu’une autopompe est descendue sur place. La foule hurlait le slogan “Police partout, justice nulle part”, tout en contestant la version des faits donnés par la police et en jetant des petites pierres. Le bourgmestre, Philippe Moureaux, ainsi que l’échevin de la Jeunesse, Amhed El Khannouss, sont venus sur place, pour tenter de faire baisser la tension par le dialogue.

D’après l’échevin, des policiers auraient poursuivi plusieurs jeunes dans un cul-de-sac tout en les tenant en joue…

Vers 22 h 30, la police restait à distance sans réagir pour ne pas envenimer une situation déjà sous haute tension.



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