Bruxelles

Après avoir conquis les passants du Meir à Anvers, la pâtisserie française Ladurée, célèbre notamment pour ses macarons, entend désormais s’établir au cœur de notre capitale. Plus précisément au n°40 de la place du Grand Sablon, dans l’ancienne salle des ventes Pierre Bergé.

Mais l’ouverture annoncée non-officiellement pour septembre pourrait bien être reportée. En effet, les services de l’urbanisme de la Ville de Bruxelles se sont rendus jeudi sur place pour interrompre le chantier. "Des travaux sont en train d’être réalisés sans aucun permis d’urbanisme. Même en admettant que l’entrepreneur français ignore la nécessité d’obtenir un tel permis, l’architecte bruxellois, lui, le sait…" , indique le bourgmestre Yvan Mayeur (PS) qui dénonce une tentative de coup de force de la part de Ladurée.

Outre l’absence de permis, l’arrivée de cette enseigne de luxe au Sablon pose de multiples problèmes aux autorités locales. "L’ancienne salle des ventes Bergé est un immeuble classé. Nous avons donc averti la Région que des travaux s’y déroulaient sans autorisation."

L’autre difficulté réside dans la volonté de Ladurée de dédier une partie de son commerce à la dégustation. "Le Sablon est un endroit que l’on surveille. On n’y fait pas ce que l’on veut. Afin de conserver la mixité du quartier, le plan particulier d’affection du sol interdit l’installation d’Horeca. Nous n’accepterons donc aucun salon de thé ou de dégustation" , assure le bourgmestre.

Enfin, celui-ci regrette que Ladurée ne respecte pas les règles en venant s’installer aux côtés des artisans belges Wittamer et Marcolini. "Ils vont là où l’excellence pâtissière se trouve. Ils viennent faire leur nid dans le nid des autres !"

Le 15 août étant un jour férié, nous n’avons pu obtenir une réaction de la part du groupe Ladurée.


Ladurée : « Nous sommes respectueux du patrimoine »

Le groupe français que nous avons finalement pu joindre nous assure qu’il n’y a pas de gros travaux prévus dans l’ancienne salle des ventes Bergé.

« À Bruxelles, ce ne sera pas 100% Ladurée comme c’est le cas en France, aux Etats-Unis ou au Japon. Nous travaillons avec un partenaire qui n’a pas l’habitude de travailler dans des monuments classés. Il n’a pas pensé à demander un permis car ce sont uniquement des travaux de réfection et non de transformation : de la peinture, de la dorure. Il n’est pas question que l’on touche à quoi que ce soit. Nous sommes habitués à travailler dans des monuments historiques et nous sommes respectueux du patrimoine. Par exemple, lorsque l’on a ouvert au château de Versailles, nous avons juste amené notre mobilier », indique Safia Thomass Bendali, directrice générale de la communication chez Ladurée.

Et contrairement à ce que semble penser le bourgmestre de Bruxelles-Ville, il n’est pas question d’ouvrir un salon de dégustation. « On ouvre uniquement une boutique. Les clients ne s’assiéront pas à l’intérieur pour manger », nous assure-t-on.

Alors qu’une visite des services de l’urbanisme de la Ville est annoncée cette semaine, le fabricant de macarons se dit confiant et confirme que l’ouverture est toujours prévue début septembre.